‹ Œuvres complètes de François Arago (volume 5)Chapitre 116 sur 153 · SUR DES PHÉNOMÈNES DE DEMI-GËCITÉ · texte numérisé non relu

SUR DES PHÉNOMÈNES DE DEMI-GËCITÉ

x*econnus soudainement que je ne pouvais voir que la moitié de la figure d'un homme qui se trouva sur mon chemin ; le même effet avait lieu, quel que fût Tobjet que je regardasse. Ayant essayé de lire le nom Johnson sur une porte, je voyais seulement... son : le commencement du mot était totalement caché à mes regards. La perte de la vue , dans cet exemple particulier, avait eu lieu à gauche, soit que je regardasse avec Tun ou avec Tautre œil. Cette cécité n'était pas néanmoins tout à fait complète ; mais les objets paraissaient couverts d'une ombre intense et sans limites bien définies. La maladie dura peu de temps : en un quart d'heure elle s'était entièrement dissipée. La sensibiUté revint graduellement en partant du centre et en s'avançant obliquement vers la gauche en montant. »

IL « Il y a maintenant quinze mois environ qu'une senaJ>lable affection se développa chez moi sans qu'il m'ait été possible d'en assigner la cause ou de la rattacher à quelque indisposition passée ou future. Je m'en aperçus aussi en regardant la figure d'une personne que je rencontrai et dont je ne voyais pas l'œil gauche. Ma cécité, dans ce dernier cas, était l'inverse de la première, puisque c'était à ma droite (et non pas à ma gauche) par rapport au point vers lequel je dirigeais la vue, que les objets étaient invisibles.

c Le nouveau punctum cœcum était semblablement situé dans les deux yeux et à environ 3 degrés du centre ; car si les objets se trouvaient à la distance de A. à 5 mèv très, le point invisible était à environ 0".25 de celui sur lequel je dirigeais la vue.

« L'affection, après avoir duré sans altération sensible pendant vingt minutes, se dissipa subitement par l'émolion que j'éprouvai en apprenant l'heureuse arrivée d'un ami qui s'était jeté dans une entreprise très-hasardeuse. »

Le troisième cas de cécité décrit par Wollaston a été observé sur un de ses amis. « Après avoir souffert, dit-il, pendant plusieurs jours, d'une douleur aiguë dans la tête, près de la tempe gauche et vers le derrière de l'œil , la vue de mon ami se trouva considérablement gâtée : d^autrès symptômes indiquaient une légère compression sur le cerveau.

« Ce ne fut qu'après trois ou quatre semaines que je le vis, et je découvris, sans parler de plusieurs autres affections qu'il serait inutile d'énumérer, qu'il avait un défaut dans la vision semblable à celui qui m'était arrivé à moimême. Ce défaut était plus étendu, et malheureusement il a été plus persistant : au moment où la maladie se dé* Clara, comme à présent, les points invisibles étaient situés à gauche du centre de la vision. Le champ est assez éteiKlu pour que mon ami puisse lire parfaitement; il voit ce qu'il écrit, la plume qu'il emploie, mais non pas la main qui la conduit. Cette affection , autant qu'on en peut juger, est la même dans les deux yeux et consiste dans l'insensibilité de la rétine à gauche de chaque odl. Il est très-probable qu'un épanchement eut lieu à l'instant où se manifestèrent les douleurs sur le c6té gauche de la tt}te, et qu'il a laissé une compression permanente sur le thalamus de gauche. Cette cécité partielle s'est maintenue trop longtemps sans aucune amélioration sensible pour qu'il ne soit pas douteux que mon ami puisse jamais

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