‹ Œuvres complètes de François Arago (volume 5)Chapitre 117 sur 153 · SUR DES PHÉNOMÈNES DE DEMI-CÉCITÉ · texte numérisé non relu

SUR DES PHÉNOMÈNES DE DEMI-CÉCITÉ

recouvrer la perception sensible des objets situés .à sa gauche. »

A la suite de la traduction du Mémoire de WoUaston , dans le tome xxvii des Annales de chimie et de physique^ M. Arago a ajouté la note suivante.]

L'affection décrite par WoUaston est assez cotamune. Je connais quatre personnes qui y sont sujettes et j'en ai moi-même éprouvé trois atteintes depuis un mois. La première et la seconde fois, je ne voyais pas les objets situés à droite de l'axe de la vision; la troisième fois, le 27 septembre 1824, les objets à droite étaient, au contraire, les seuls que j'apercevais. Ayant, par exemple, dirigé mes regards sur le jambage de droite de Ym du mot baromètre écrit en grosses lettres au-dessus d'un instrument, je voyais parfaitement ce trait et les lettres suivantes être; mais je n'apercevais aucunement ni le premier jambage de cette même lettre m ni baro. Quel que fût celui des yeux dont je me servisse, le phénomène avait également lieu. Un mal de tête, qui avait son siège à droite au-dessus de Toeil, se manifesta, après une vingtaine de minutes, quand cette demi-cécité eut cessé.

Je dois dire ici qu'alors même que la disparition d'unç moitié des objets était totale dans le voisinage de Taxe de la vision, il m'a semblé quelquefois entrevoir de légères traces de points placés relativement à mon œil plus obliquement que ceux qui échappaient ainsi à mes regards.

Puisqu'une moitié de la rétine peut être momentanément privée de sensibilité, on doit s'attendre que, dans certaines affections du cerveau, le même organe, sans

offrir entre ses diverses parties des différences aussi tranchées, ne sera pas, néanmoins, également propre, dans toute son étendue , à percevoir de faibles impressions lumineuses.

Les observations m'ont prouvé depuis longtemps que ceci n'est point une simple hypothèse. Voici, par exemple, ce que je trouve dans un de mes registres , à la date du 13 février 1822 :

« Ce satellite ( de Saturne ) était extrêmement faible dans notre lunette de quatre pouces (0™.108) d'ouverture ; je l'apercevais à peine et seulement pendant des instants très-courts quand je portais mes regards avec l'attention la plus soutenue sur l'endroit où il était; mais si ma vue s'arrêtait sur le bord de l'anneau le plus éloigné du satellite , celui-ci se voyait aussitôt très-distinotement.

« Un autre satellite ne s'apercevait qu'avec la lunette de sept pouces et demi (0".203) d'ouverture ; mais alors même , pour le découvrir, j'étais obligé de diriger mon axe visuel , non pas sur le satellite lui-même , mais sur le bord de l'anneau. >

Ces observations, dans lesquelles je ne parvenais à découvrir des objets extrêmement faibles qu'en ne les regardant pas directement, me paraissent prouver d'une manière incontestable que toutes les parties de la rétine n'étaient pas alors douées du même degré de sensibilité. Peut-être cette remarque méritera-t-elle de fixer l'attention des astronomes.

SUR L'HËMÉRÂLOPIE. 524

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