‹ Œuvres complètes de François Arago (volume 5)Chapitre 132 sur 153 · ET LAUGIER · texte numérisé non relu

ET LAUGIER

Le dimanche 23 juin 1844 , vers 8** 30"* du soir , le ciel étant presque entièrement couvert , on vit se dessiner , du côté du sud , sur une couche presque uniforme de nuages, un arc en apparence circulaire, sombre, régulier et très -étendu, qui cependant ne se continuait ni vers l'orient, ni vers l'occident jusqu'à l'horizon. Cet arc devint de plus en plus noir et de plus en plus défini. Un arc blanchâtre se forma bientôt le long de la bordure

i. Comptes rendvs de V Académie des sciences^ t XVni, p. 1168.

r îeure de l'arc sombre, mais non dans toute son lue.

i-dessus et au-dessous de ce phénomène , les nuages ^ laient éprouver une agitation singulière.

Les deux arcs, noir et blanc, toujours contigus, s'élevèrent graduellement au-dessus de l'horizon. Vers 9 heures, ils atteignaient le zénith après s'être notablement affaiblis. Ensuite ils disparurent.

Le point culminant de l'arc parut être dans un plan vertical, formant avec le méridien, vers l'est, un angle d'environ 20 degrés. Dès que cette orientation eut donné au phénomène un caractère magnétique, M. Laugier observa de minute en minute la boussole des variations diurnes : elle n'éprouva aucune perturbation.

On aperçut sur divers points de l'arc des traces ae polarisation qui , évidemment , ne provenaient pas de la lumière de la Lune. Il reste à rechercher si la lumière crépusculaire n'en était pas la cause.

En terminant cette communication , M. Arago a rappelé les observations faites dans le nord, et pendant lesquelles des nuages prenaient la forme et la position des aurores boréales.

[ Le phénomène atmosphérique décrit dans les lignes précédentes ayant donné lieu à l'envoi à l'Académie d'une Note de M. Fournet, professeur de la Faculté des sciences de Lyon, M. Arago a fait suivre son insertion dans le tome XIX des Comptes rendus des remarques suivantes : ]

En communiquant à l' Académie la Note intéressante de M. Fournet, M. Arago a cru devoir combattre une

des conséquences que le physicien de Lyon a tirées de ses observations. On lit dans la Note : t Les arcs noirs vus à Paris étaient les portions de la voûte céleste intermédiaires entre les colonnes blanches nuageuses, i A cela il conviendra de substituer : t Les arcs noirs vus à Paris n'étaient certainement pas les portions de la voûte céleste intermédiaires entre les colonnes blanches nuageuses. » Comment dans un observatoire , avec tous les secours qu'on y trouve; comment, aidés de la lumière crépusculaire et de celle de la Lune; comment après avoir étudié le phénomène avec le secours de lunettes et de plusieurs instruments de polarisation, deux astronomes se seraient-ils mépris à ce point de confondre dfâ éclaircies avec des nuages? La supposition n'est pas soutenable ; on pourrait même la qualifier de risible.

Les arcs de Condrieu et ceux de Paris n'avaient rien de commun. Le phénomène des bandes polaires sel montre fréquemment. Celui de Paris est très-rare, si même, tout considéré, il serait possible d'en citer un second exemple.

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