POLARISATION DE LA LUMIÈRE DES HALOS
En me servant de ma petite lunette à lunules colorées, 'ai cherché à reconnaître quel genre de polarisation présente la lumière qui vient à l'œil des différentes parties iu halo. Mon attention s'est particulièrement portée sur es points le plus haut et le plus bas. La polarisation n'a paru très-faible, mais sensible. Cette polarisation 3tait par réfraction. J'ai reconnu ce fait important en comparant les teintes qu'offraient les deux croissants, quand la lunette était dirigée vers les points le plus haut et le plus bas du halo, à celles qu'on apercevait lorsque la lumière qui pénétrait dans le tube avait été préalablement réfléchie et conséquemment polarisée sur un plan de verre horizontal : les couleurs de chaque croissant dans le premier cas étaient complémentaires de celles qu'on voyait dans le second.
Mercredi y V novembre 1822. — A 11** 24."' du soir, temps vrai, il y avait autour de la Lune un halo qui paraissait très-elliptique; le diamètre vertical semblait beaucoup plus grand que le diamètre horizontal. Pour décider si cette différence des deux diamètres est une illusion, on pourra faire usage des remarques que voici :
La Chèvre est en dedans de la limite intérieure du halo d'environ 2°;
a d'Orion est à fort peu près sur cette limite , ou peutêtre un peu trop loin du centre de 4 ou 5' ;
Le rayon mené à la Chèvre fait avec le diamètre horizontal un angle d'environ 35° ; la ligne menée à a d'Orion, un angle d'environ 10° avec le diamètre vertical.
[Le procèâ - verbal de la séance du H avril 1825
de l'Académie des sciences s'exprime en ces termes :]
« M. Arago annonce qu'en examinant avec un instrument de son invention un halo qui entourait le Soleil vers les onze heures du matin, il a reconnu, dans la lunfiîère dont ce halo était formé, des traces non équivoques de polarisation par réfraction. Cette expérience exclut toute explication du phénomène qui serait fondée sur l'hypothèse d'une réflexion. M. Arago pense que l'instrument dont il s'est servi dans cette circonstance pourra, plus généralement , lui apprendre quand un nuage sera gelé et qu'il fournira dès lors le moyen d'étudier la loi du décroissement de la chaleur dans l'atmosphère. »