‹ Œuvres complètes de François Arago (volume 5)Chapitre 136 sur 153 · SUR LA LUMIÈRE DE LÀ LUNE · texte numérisé non relu

SUR LA LUMIÈRE DE LÀ LUNE

ne devrait-elle pas être sensiblement colorée en rouge? Je n'ai cependant rien vu de pareil, quoique j'y aie donné beaucoup d'attention et que je me sois servi de plusieurs lunettes parfaitement achromatiques.' Ajoutons que la partie blanche et entièrement éclairée de la Lune était là comme terme de comparaison et aurait fait ressortir par 3on contraste la plus légère coloration du segment voisin.

Quelque temps après le lever de la Lune, sa partie éclipsée était très-visible avec la lunette de nuit, tandis îu'on n'en apercevait pas la plus légère trace avec la lunette de Dollond.

On cite des éclipses de Lune pendant lesquelles cet istre a totalement disparu : n'est-il pas possible, d'après :e que je viens de rapporter, que cet effet ait tenu à la force du grossissement, et ne pourrait-on pas supposer jue la Lune aurait été encore très-visible si l'observateur ivait employé un très-faible grossissement?

La lumière de la partie éclipsée n'avait point la teinte ^erdâtre qu'on trouve quelquefois à la lumière cendrée.

27 décembre iS&^. Éclipse totale de Lune. —La partie ie la Lune totalement éclipsée était d'une teinte rouge xès-foncée. Au moment de l'immersion totale, la lumière 5tait certainement plus faible que dans quelques éclipses lont les annales de l'astronomie ont conservé le souveodr ; mais je ne crois pas que jamais cette lumière seconlaîre se soit montrée avec une coloration en rouge aussi prononcée.

[On lit dans le Compte rendu de la séance de l'Académie des sciences du 17 juin 1844 : ]

c H. Arago a rendu compte verbalement des remarques qu'on a eu occasion de faire à TObservatoire pendant la dernière éclipse totale de Lune. (Celle du âl mai 18&&.) Il a particulièrement insisté sur les traces manifestes de polarisation qu'on apercevait en analysant, à Taide d'un polariscope, la lumière rougefttre qui était répaqdue sur le disque lunaire au moment même de la conjonction. M. Arago reparlera plus en détail de cet étrange phénomène ; tous ses collaborateurs de l'Observatoire ont bien voulu, à sa prière^ en constater l'existence. >

[Dans le Compte rendu de la séance du 9 décembre de la même année on trouve la mention suivante : ]

• Il est donné lecture d'une lettre de M. Zantedeschi à M. Arago ; nous en extrairons ce passage :

t Pendant l'éclipsé totale de Lune du 31 mai 1844, vous découvrîtes des traces manifestes de polarisation en analysant, à l'aide d'un polariscope, la lumière rougeâtre et diffuse qui, au moment même de la conjonction, éclairait la totalité du disque de l'astre. Pendant Téclipse lunaire du 24 noveiTîbre 1844, j'ai confirmé pleinement le phénomène de polarisation que vous avez découvert. »

[Dans le tome m du Cosmos^ p. 707, M. de Hunoboldt donne le passage suivant comme extrait de manuscrits remis par M. Arago en 1847 : ]

« La lumière de la Lune est jaune, tandis que celle d€ Vénus est blanche. Pendant le jour la Lune paraît blanche, parce qu'à la lumière du disque lunaire se mêle la lumièrfl bleue de cette partie de l'atmosphère que la lumière jaune de la Lune traverse, t

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