‹ Œuvres complètes de François Arago (volume 5)Chapitre 14 sur 153 · SU · texte numérisé non relu

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LU LE 28 DÉCEMBRE 4813 à LA CLASSE DES 8CIBECBS MATHÉMATIQUES ET PBT8IQUES DE L'iRSTITIIT

IMPÉEUL DE FBANCE <

Dans Texplication que Newton a donnée des couleurs des corps naturels , il a supposé que les molécules matérielles sont séparées les unes des autres par des intervalles absolument vides ou du moins remplis d'un fluide extrêmement rare. Je m'attendais, d'après cela, à trouver que les rayons qui rendent les corps visibles seraient polarisés à peu près sous le même angle que la lumière que réfléchit leur première surface, du moins lorsque les rayons incidents ne partiraient que d'un seul point. L'expérience m'a appris cependant que ceux des rayons lumineux qui forment la couleur propre d'un corps ne présentent en aucune manière les propriétés de la lumière polarisée par réflexion. Pour faire cette observation je me suis servi quelquefois de plaques de porcelaine parfaitement polies.

1. Ce Mémoire n'a pas encore été imprimé; chacun des feuillets du manuscrit est paraphé par Delambre , secrétaire perpétuel de la Classe. — Les trois premiers Mémoires sont placés précédemment, pages i, 36, 85.

Je visais à une flamme éloignée et je me plaçais sous rinclinaison où les rayons réfléchis étaient complètement polarisés; un petit mouvement donné à la porcelaine faisait dévier assez sensiblement le faisceau réfléchi pour que je ne visse plus que les deux images du miroir; comme j'étais extrêmemenl près de l'angle de la polarisation complète, je croyais que ces deux images auraient des intensités très-inégales ; or, quoique j'aie employé dans ces essais, pour analyser la lumière qui veaait ainsi de rintérieur de la porcelaine, les moyens que j'ai décrits dans une autre circonstance ^, il m'a toujours semblé que cette lumière n'est point modifiée. On pourrait croire d'abord que, pour que les rayons se polarisent, il est" nécessaire que la face sur laquelle ils tombent soit polie et ait une certaine étendue ; mais ces dçux conditions sont remplies pour la première surface. J'ai prouvé, d'ailleurs, que la lumière atmosphérique est polarisée, et ici chaque rayon n'a pu être réfléchi que par la surface d'une seule molécule d'air.

En général, on voit que, dans la position dont je viens de parler, les rayons qui viennent du point lumineux à Fœil après une seule réflexion ont rencontré les molécules matérielles du corps sous l'angle qui correspond à leur polarisation et qu'elles devraient avoir éprouvé cette modification. Il serait possible, à la rigueur, que la plus grande partie de la lumière n'arrivât à l'œil qu'après plusieurs réflexions sur les facettes diversement inclinées dont on pourrait imaginer que le corps est formé. Mais

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