‹ Œuvres complètes de François Arago (volume 5)Chapitre 15 sur 153 · Voir p. 12 de ce volume · texte numérisé non relu

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sans parler des autres objections qu'on pourrait faire contre cette hypothèse, on voit qu'un pareil corps dépolariserait complètement les rayons lumineux qui le traverseraient, ce qui n'arrive pas. Du reste, pour faire cette expérience d'une manière décisive, il suffira d'éclairer le corps à l'aide d'un faisceau déjà polarisé. En me servant de rayons peu intenses j'ai aperçu les mêmes phénomènes qu'avec la lumière directe, mais je sens qu'il serait convenable d'employer un faisceau plus vif, et c'est pour cette raison que je n'entrerai aujourd'hui dans aucun détail sur la conséquence remarquable à laquelle cette expérience paraît conduire *.

La dépolarisation des rayons , dans certaines circonstances, peut servir aussi à résoudre une question d'autant plus intéressante qu'elle tient de plus près à la théorie newtonienne. On sait , en effet , que, dans cette théorie, la lumière qui se réfléchit totalement à la surface inférieure d'un corps plus dense que le milieu environnant, sort du corps. Supposons maintenant qu'on mette en dessous de la surface réfléchissante un cristal doué de la double réfraction, et qu'on établisse leur contact parfait à l'aide d'un milieu plus réfringent que le cristal inférieur, à l'aide de quelques gouttes de baume de Tolu, par exemple ; si la lumière qu'on emploie n'est pas polarisée, elle se décomposera , à son entrée dans le cristal inférieur, en deux faisceaux polarisés en sens contraires, et qui donneront, par conséquent, deux images de méaie

1. Voir t vn des Œuvres, t IV des Notices scientifiques^ p. 401 et 443, deux passages relatifs à la polarisation par réfraction de la lumière qui fait voir les corps.

intensité dans leur passage à travers un rhomboïde, toul aussi bien que la lumière ordinaire, en sorte que cette observation ne conduirait à aucun résultat; mais si le faisceau incident était déjà polarisé et si après sa ré« flexion totale on le trouve dépolarisé, il en résultera qu'il a pénétré dans le cristal inférieur. Dans le cas où, pour toutes les positions de ce cristal , le rayon resterait polarisé après sa réflexion totale, il faudrait en conclure qu'il ne sort pas du corps ou que du moins il ne traverse le cristal, doué de la double réfraction, que dans une de ces épaisseurs extrêmement petites où, d'après mes anciennes expériences, ces cristaux se comportent comme des lames de verre ordinaire.

Dans la partie de mon Mémoire précédent qui se rapportait aux couleurs ou aux anneaux qu'on aperçoit dans les cristaux doués de la double réfraction, je me suis attaché à montrer que, dans la plupart des phénomènes, ces cristaux se comportent comme si les lames dont ils sont formés étaient séparées les unes des autres; j'ai surtout insisté sur l'exemple du sulfate de baryte ^, et j'ai montré qu'en regardant une plaque qui réfléchit de la lumière polarisée, à l'aide de certaines faces de cette substance, on la voit ou d'un blanc légèrement jaunâtre, ou d'un rouge violacé, après chaque quart de révolution du cristal. Si la lumière réfléchie par la plaque était polarisée en sens contraire de la première , on la verrait rouge dans la position du cristal où d'abord elle était jaune, et réciproquement. Il résulte de là qu'un faisceau direct, vu

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