DÉTERMINATION DE LA HAUTEUR DES NUAGES
J'ai indiqué révaluation de la hauteur des nuages isolés comme une des déductions possibles de l'emploi des po-i larimètres gradués. Quelques personnes ont élevé desj doutes sur la réalité d'une telle application, mais je sup-j
1. Mémoire inédit dont les Comptes rendus de l'Académie con-' tiennent seulement l'extrait suivant : « L'auteur a expliqué, dans ce j Mémoire , les principes de la méthode qui conduit à la détermination de la hauteur des nuages isolés en se fondant sur des phénomènes de polarisation. I
« Il a indiqué ensuite le procédé à l'aide duquel on peut déterminer les intensités comparatives de la lumière qui nous est réfléchie par les diverses parties de la Lune, et a fait connaître les résultats des expériences numériques faites, à sa prière, par M. Laugier.
« Le troisième paragraphe de ce Mémoire est consacré à l'étude de la lumière cendrée.
« Dans le quatrième sont consignés les résultats , singuliers et inexpliqués jusqu'ici, relatifs à la disparition des satellites de Jupiter et à celle de la planète lorsqu'on fait subir à leur lumière un affaiblissement graduel. »
SUR LA PHOTOMÉTRIB. 283
wse que, une fois avertis, les voyageurs qui se proposent le parcourir les pays montagneux pourront en rapporter les observations propres à perfectionner la solution de :e problème curieux. Cette solution repose sur plusieurs propriétés de la lumière atmosphérique qui méritent d'être férifiées par de nouvelles obser^'itions.
D'abord, la lumière d'un nuage éclairé par le Soleil, «Ile surtout qui nous le fait voir par transmission, est-elle |H)larisée ?
Les observations que j*ai faites m'autorisent à refondre négativement. Mais, qu'on le remarque bien, te occasions de faire ces observations sont fort rares ; il But que l'observateur soit presque en contact avec le wage ; sans cela la lumière polarisée de la portion d' atmosphère comprise entre la surface de ce nuage et l'œil Rendrait se joindre à celle dont on veut étudier la nature i conduire à des conséquences erronées. Pour suppléer w petit nombre d'épreuves qu'il m'a été donné de faire Doi-inéme, ou de faire exécuter par d'autres, j'ai été réluit à opérer sur des nuages artificiels, c'est-à-dire sur la vapeur d'eau, à l'état vésiculaire, émanant d'une marmite de Papin ou d'une chaudière de machine à vapeur. Je recommande donc aux observateurs d'examiner de près avec un polariscope la lumière des nuages près desquels ils se trouveront placés. Ce qu'ils auront à noter sera simplement ceci : Les lunules du polariscope dirigé sur le nuage présentent-elles ou ne présentent-elles pas des couleurs ? M. Barrai , dans les voyages aérostatiques qu'il a exécutés avec M. Bixio , a attentivement étudié les nuages, sur la recommandation expresse que je lui
en avais faite et avec une lunette polariscopîque que je lui avais donnée ; ses observations ont complètement vérifié Tabsence de polarisation sur les nuages avec lesquels il s'est trouvé en contact, soit que la lumière reçue par l'instrument fût renvoyée par transmission à travers les nues, i&oit qu'elle fût réfléchie à leur surface ^.
La seconde question à résoudre définitivement est celle-ci :
Dans une direction donnée, à toutes les hauteurs d'une colonne atmosphérique, la proportion de lumière polarisée est-elle la même?
Je n'ai vérifié jusqu'ici ce fait que par des moyeni indirects; il serait utile de l'établir par un usage judicieui du polarimètre dans les pays de montagnes , ou mieux encore, s'il y a lieu, par une ascension aérostatique.
On a essayé de déterminer par expérience la toi de h distribution de la lumière dans l'atmosphère, de fixer, par exemple, de quelle quantité il faut s'élever dans 11 direction verticale ou dans une direction inclinée, poui que la lumière atmosphérique soit réduite de j-^, de ^, de JÔ5-»-- de son intensité primitive. Si le principe énoncé plus haut sur le rapport constant delà lumière polarisée à la lumière totale, à toutes les hauteurs, est fondé, la loi qui donnerait la diminution d'intensité fournirait en même temps la loi de diminution dans la quantité totale de lumière polarisée contenue dans chaque direction.
Cela posé, je passe à l'explication de la méthode que j'ai imaginée pour mesurer la hauteur des nuages.