‹ Œuvres complètes de François Arago (volume 5)Chapitre 48 sur 153 · INFLUENCE DE LA TEMPÉRATURE SUR LA RÉFRACTION DES CORPS · texte numérisé non relu

INFLUENCE DE LA TEMPÉRATURE SUR LA RÉFRACTION DES CORPS

Pour compléter ce qui a un rapport plus ou moins direct avec ces expériences, il sera bon d'étudier comment la réfraction se modifie par l'accumulation de la chaleur dans les corps, indépendamment des changements de densités qu'elle y produit.

En opérant jadis sur deux masses de verre de même longueur, j'acquis la conviction qu'une masse échauffée est plus réfringente que la même masse refroidie. Je ne suivis pas ces expériences aussi loin qu'il eût été nécessaire de le faire, à cause de la difficulté que j'éprouvai à soustraire la masse de verre qui me servait de terme de comparaison à l'action de la masse échauffée , qui n'en était éloignée que de 1 à 2 millimètres ; mais j'ai réfléchi depuis qu'il n'était pas nécessaire au succès de l'expérience que les deux masses fussent presque en contact, et que l'une pouvait être considérablement éloignée de l'autre, pourvu que dans son déplacement, elle restât parallèle à elle-même et dans la direction du point rayonnant.

L'expérience pourra, du reste , se répéter directement sur des prismes en profitant des facilités de viser que procurent les bandes noires de Fraueiihofer.

RÉFRACTION DE l'HYDROPHAIŒ IMBIBÉE DE DIVERS LIQUIDES '

Maintenant qu'il est parfaitement établi que la réfraction que la lumière éprouve en traversant les corps n'est pas le résultat d'une attraction exercée sur les molécules lumineuses ; que cette réfraction résulte de l'état comparatif de Téther dans les deux corps contigus à la séparation desquels la réfraction s'opère, il devient très-important de chercher quelles sont les circonstances qui peuvent modifier l'état du milieu éthéré. C'est sous ce point de vue principalement que les expériences que je vais rapporter méritent d'être répétées et suivies.

Tout le monde connaît le minéral que les naturalistes ont appelé hydrophane. Je suppose qu'on prenne un de ces minéraux et qu'on le taille en prisme; son opacité n'est pas telle qu'on ne voie très-distinctement l'image prismatique des objets éloignés, surtout lorsqu'on regarde près de l'arête du prisme. Si l'on plonge ce prisme dans de l'eau, il devient d'une diaphanéité parfaite ; sa réfraction surpasse celle du prisme sec d'une quantité qu'il est facile de déterminer. Supposons maintenant que le prisme

i. Le compte rendu de la séance de rAcadémie des sciences du 1" septembre 1345 contient la note suivante : « Après avoir présenté la note de M. Ebelmen (sur la production artificielle de Thydrophane), M. Arago a rendu compte des expériences qu'il fit jadis avec des hydrophanes taillées sous forme prismatique et imbibées de différents liquides. Faute d'échantillons convenables, ce travail avait été interrompu. Grâce à M. Ebelmen , on pourra aujourd'hui le reprendre et le compléter. »

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