LA MÉTHODE DES INTERFÉRENCES APPLIQUÉE A LA RECHERCHE
DESCRIPTION DE DIVERS INSTRUMENTS FONDÉS SDR LA DOCTRINE DES INTERFÉRENCES, ET A l'AIDE DESQUELS ON PARVIENT A DÉTERMINER LES INDICES DE RÉFRACTION DE TOUS LES CORPS DANS DES CIRCONSTANCES OÙ LES MOYENS ORDINAIRES DE MESURE SERAIENT TOUT A FAIT INSUFFISANTS
L'état de ma vue devant m'interdire désormais toute observation de précision, j'ai pris la liberté de demander à l'Académie la permission de lui communiquer des travaux inachevés, qui seront utiles à ceux qui voudront entrer dans la même carrière.
Des circonstances récentes m'ont prouvé que je ferais bien de me hâter. Tel est le motif qui me détermine aujourd'hui à publier par moi-même la description des appareils déjà bien connus que j'ai employés pour résoudre divers problèmes qui intéressent au plus haut degré
1. Dernier Mémoire dicté par M. Arago, qui, peu de temps avant sa mort, le destinait à être communiqué à l'Académie des sciencesL
TastroDomie. Sur la question spéciale des réfractions, je puis offrir à mes successeurs, non-seulement le plan des observations qui restent à faire, mais encore mettre à leur disposition les appareils tout construits dont ils auraient à se servir. Voici en quels termes je rendais compte à l'Académie, le 26 février 1816, de Texpérience sur laquelle tout mon système d'observation est fondé :
c Lorsqu'un corps opaque est placé dans un faisceau de lumière, son ombre est bordée à l'extérieur de bandes de diverses nuances et de diverses largeurs. Ces bandes ont été étudiées par Newton dans le m' livre de son Optique; mais ce célèbre physicien ne parle pas des bandes non moins remarquables qui se forment dans Fintérieur de l'ombre des corps déliés, quoique Grimaldi en eût déjà donné une description détaillée dans son ouvrage, et il affirme même positivement qu'aucune lumière ne pénètre dans l'ombre géométrique. L'inexactitude de ce résultat fut suffisamment prouvée par Maraldi et De l'Isle, qui, du reste, n'ajoutèrent rien de saillant à ce que Grimaldi avait découvert longtemps avant. Tel était l'état de nos connaissances sur cette question délicate, lorsque le docteur Thomas Young fit l'expérience très-remarquable qui se trouve consignée dans les Transactions philosophiques de 1803, de laquelle il résulte que pour faire disparaître la totalité des bandes cjui se forment dans l'intérieur de l'ombre d'un corps, il suffit d'arrêter avec un écran opaque la portion de lumière qui vient de raser ou qui va raser seulement l'un des deux bords, et quoique les rayons qui passent près du bord opposé puissent continuer leur course comme précédemment.
« L'expérience qui fait l'objet de cette Note consiste en ceci, que pour faire disparaître également la totalité des bandes intérieures, on peut substituer un verre diaphane et à faces parallèles à l'écran opaque du physicien anglais. M. Young avait montré que la production des bandes irisées intérieures nécessite le concours de deux faisceaux blancs, infléchis dans l'ombre par les deux bords du corps. Ce que je viens de dire prouve de plus que ces faisceaux ne fournissent des bandes que lorsqu'ils se rencontrent sous certaines circonstances particulières; et ce qui semble ne laisser aucun doute sur la nature de ces circonstances, c'est qu'en employant des écrans diaphanes de plus en plus épais, on arrive par degrés au terme de la disparition. Ainsi, des lames très-minces de verre, soufflées au chalumeau, n'éteignent pas les bandes intérieures, mais les déplacent toutes de un, de deux, de trois, etc. , intervalles, suivant qu'elles ont plus ou moins d'épaisseur. J'ai trouvé des lames de mica qui les trans* portaient sur l'espace qu'occupent les bandes extérieures ordinaires, et ceci conduit à penser que les verres épais, placés d'un seul côté du corps, ne les font disparaître qu'en les transportant dans l'espace éclairé par la lumière non infléchie. Les bandes intérieures sont, dans, les circonstances ordinaires, à toutes distances, symétriquement placées de part et d'autre du centre de l'ombre. Celles qui se forment sous l'influence de la petite lame de verre sortent plus ou moins de l'ombre, suivant qu'on les reçoit plus ou moins loin du corps, et se rapprochent toujours du bord auquel la lame est adaptée. Un verre, de quelque épaisseur qu'il soit, ne nuit point à la formation desi
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bandes intérieures, s'il déborde le corps opaque des deux cotés, en sorte que les rayons infléchis en dedans aient eu (des deux côtés) la même épaisseur de verre à traverser. Deux verres, inégalement épais, placés des deux côtés du corps, agissent comme une lame unique d'une épaisseur égale à leur différence.
« Toutes les circonstances de cette expérience s'expliquent très-bien dans la théorie que M. Fresnel a adoptée, mais pour cela il faudrait admettre que la lumière se meut plus lentement dans le verre que dans l'air. Telle îerait alors, à la vérité, la liaison des faits, qu'on pourrait Bicilement évaluer la perte de vitesse pour chaque épaisseur de verre , ou de tout autre milieu quelconque , en bnction d'une ondulation aérienne prise pour unité. »
La Note qu'on vient de lire fut reproduite dans les jourlaux scientifiques du commencement de l'année 1816. Ble fixa à cette époque l'attention des physiciens, surtout ?ar cette circonstance qu'elle semblait impliquer la con-^ léquence , en opposition avec le système de l'émission , pe la vitesse de la lumière devait être moins rapide dans fi verre que dans l'air. Quant à moi, sans être moins bppé de ce désaccord, je m'attachai, guidé par la théorie le Fresnel, à déduire de mon observation un programme îexpériences devant servir à trouver les indices de réfraction dans des circonstances où les méthodes connues mraient été sans application possible. C'est ainsi, par îxemple, que j'indiquai la possibilité de déterminer l'iniice de réfraction des lames de certains métaux, rendues iiaphanes par les procédés si simples et si connus du 3atteur d'or. C'est ainsi que j'entrevis la possibilité de
comparer les indices de réfraction de l'air sec et de l'air humide, et de résoudre cette question jusque-là indécise : l'hygromètre doit-il jouer un rôle dans révaluation des réfractions atmosphériques?
Cette question, en ma qualité d'astronome, devait particulièrement m'intéresser. Je proposai à mon illustre ami Fresnel de se joindre à moi pour la résoudre ; mon offre fut acceptée avec empressement, et je fis construire sans retard l'appareil nécessaire. Cet appareil se composait simplement de deux tubes de cuivre, d'un mètre de long, placés l'un à côté de l'autre et fermés à leurs extrémités par deux plaques de verre à très- peu près parallèles. Les bandes d'interférence se formaient ainsi par l'entrecroisement des rayons qui avaient traversé l'air des deux tubes. Nous n'avions plus, pour arriver au résultat, qu'à déterminer la place des bandes lorsque l'air était dans le même état dans chacun des tubes, et à voir si ces mêmes bandes se déplaçaient lorsque de ces deux colonnes d'air horizontales l'une était sèche et l'autre humide. Nous
reconnûmes par des expériences nombreuses, que l'interposition des tubes, même quand l'air était au même état dans les deux, occasionnait un déplacement des franges égal au quart de la largeur de l'une d'elles. Ce déplacement tenait évidemment à la circonstance que les épaisseurs des verres dans les points traversés par les rayons interférents n'avaient pas exactement la même valeur. C'était une sorte d'erreur de coUimation qui devait être appliquée à toutes les mesures ultérieures. Pour ces mesures l'air était desséché dans l'un des tubes à l'aide de la potasse caustique, tandis que dans le tube voisin, où
l*on avait répandu une quantité suffisante d'eau, on pouvait supposer qu'il était saturé d'humidité. L'interposition des tubes, ainsi préparés, occasionnait dans les bandes un déplacement d'une bande et demie. Si l'on retranchait de cette quantité le quart de bande tenant au défaut de parallélisme des verres qui s'opérait dans le même sens, il restait pour l'effet d'un mètre d'air humide comparé à un mètre d'air sec, une bande et un quart. D'ailleurs, ce mouvement d'une bande et un quart s'effectuait toujours dans le sens du tube renfermant la potasse caustique, ce qui, sans autre discussion, prouvait que l'air sec réfracte on tant soit peu plus que l'air humide.
Il était très-facile de déduire de cette expérience le rapport numérique de la vitesse de la lumière dans l'air sec et dans l'air saturé d'humidité, ou, ce qui revient au même, de déterminer les indices comparatifs de réfraction pour ces deux états ditférents de l'air. Mais ici il se présentait une difficulté que nous n'avions pas d'abord prévue et qui me parut avoir beaucoup de gravité : il était possible qu'un peu d'humidité se fût précipitée sur les faces intérieures des deux portions des plaques de verre correspondant au tube renfermant de l'eau, et conséquemment que ces portions de verre agissent dans l'expérience comme si leur épaisseur était augmentée. Dans cette hypothèse, le déplacement des bandes du côté du tube sec devait se trouver diminué. Ainsi, l'expérience prouvait que l'air sec réfractait plus que l'air humide, mais sans donner la valeur exacte de la différence.
Je maintins qu'au delà de cette conclusion l'expérience était sans valeur. Fresnel, mon collaborateur et ami.
ne partageait pas mon avis : il avait cru, d'ailleurs, reconnaître par r absence de nuances irisées aux surfaces do verre correspondantes au tube humide, qu'aucune couche liquide n'était venue s'y déposer. Je fus frappé de la valeur de ces considérations, surtout parce qu'elles se fondaient sur des observations faites par un œil auquel rien n'échappait. Cependant, je désirai trouver un moyen plus démonstratif de résoudre la difficulté, et qui pût être mis en usage par toute sorte d'observateurs. Ce moyen était très -simple ; voici en quoi il consistait :
Je fis construire deux tubes, qui avaient l'un et l'autre non plus un mètre de long, mais seulement trois centimètres ; je les bouchai par les mêmes plaques de verre qui nous avaient servi dans la première expérience ; je versai de l'eau dans un de ces bouts de tubes, et de la potasse caustique, dans le bout de tube voisin. Dans ce cas, en répétant les essais, la différence entre la réfraction d'une si courte colonne d'air sec et celle d'une colonne d'air humide devait être insensible. Le déplacement des bandes ne devait provenir que de l'humidité qui se serait déposée sur les portions des plaques de verre correspondantes aui deux bouts du tube humide. Or, en répétant l'expérience un grand nombre de fois, je ne trouvai plus aucune trace de la déviation d'une bande et un quart qu'on observait invariablement en opérant sur les tubes d'un mètre de long. Cette déviation d'une bande et un quart dépendait donc en totalité de l'action de l'air humide, et nullement d'une légère couche d'eau qui se serait déposée sur les parois intérieures du verre qui bouchait ce tube.
Nous fîmes , Fresnel et moi , les observations sur le
déplacement des bandes, occasionné par l'interposition d'une colonne d'air humide, en 1818, en nous servant de
deux tubes de 2 à 3 centimètres de long.
C'est une année après que je complétai la recherche, que j'écartai totalement la difficulté qu'on aurait pu fonder sur la supposition qu'il s'était précipité une petite quantité de vapeur d'eau sur les faces intérieures des lames de verre qui bouchaient le tube renfermant de l'eau.
A cette époque, peu de physiciens accordaient quelque confiance à la théorie des ondulations : pour les amener à admettre que le déplacement d'une batide et un quart, «gnalé dans l'expérience précitée, prouvait que l'air humide réfractait un tant soit peu moins que l'air sec, je crus devoir me livrer à des expériences directes. Ayant fait construire deux tubes semblables à ceux de nos premières épreuves, j'établis sur chacun d'eux des tubes barométriques destinés à faire connaître quelle était la densité de l'air qu'ils contenaient.
Je trouvai ainsi qu'il suffisait d'une différence dans ces densités correspondante à 1 millimètre sur 50 pour que les bandes fussent déplacées d'une bande et un quart. . Ainsi, il suffisait d'une différence presque insensible dans les indices de réfraction de l'air renfermé dans les deux tubes, pour qu'il en résultât dans les bandes la différence qu'accusait l'expérience faite sur 1 mètre d'air humide et d'air sec.
Sans changer d'appareil, je fis plus: supposant exacte la doctrine des ondulations , je déterminai les indices de réfraction de l'air pris à différentes densités, et l'accord
des résultats avec ceux qu'on déduisait de la théorie de rémission ébranla les plus incrédules. C'est alors que M. Laplace prononça devant un académicien ces paroles fii flatteuses pour un jeune homme et qui furent immédiatement confiées à la presse : « Je ne sais pas pourquoi on parle si peu de l'expérience si curieuse de M. Arago, dans laquelle on détermine l'indice de réfraction des corps à l'aide de rayons qui n'ont pas été réfractés. »
C'est à cette même époque que je crois pouvoir faire remonter ce jugement consigné dans la cinquième édition de V Exposition du système du monde (1824), et qui m'a été signalé seulement ces jours derniers : « Enfin, M. Arago, par un moyen aussi précis qu'ingénieux, s'est assuré que l'influence de l'humidité de l'air sur sa réfraction est insensible. » i
Ce n'est pas seulement à l'état de vapeur diaphane quej l'eau existe dans l'atmosphère ; elle y est quelquefois à l'état de vapeur vésiculaire ou à l'état de nuages, à travers] lesquels les astres peuvent être aperçus et observés. Quellel est, dans ce cas, la table de réfraction dont il faut se servir?! Pour résoudre cette question, il fallait appliquer les procédés d'observation précédemment décrits à la déterraination de l'indice de réfraction de l'air chargé de brouillard. Seulement, l'expérience devant alors être faite eni plein air et non dans une chambre obscure où le brouillard se serait promptement dissipé, il fallut aviser auj moyen de produire des bandes avec une lumière artificielle, attachée invariablement au reste de l'appareil. M. Soleil, et son gendre M. Duboscq, voulurent bien se charger de ce soin, et, après de nombreux essais, ils réussirent par-
faitement. Telle a été l'origine de l'instrument que je mets sous les yeux du lecteur (fig. 13, lu, 15, 16, 17 et 18 *). Le moyen expérimental est d'ailleurs très -simple : il a consisté à faire interférer les rayons qui passaient à travers le tube débarrassé du brouillard , à l'aide d'un sel
1. Cet instrument, tel que MM. Soleil et Duboscq Pont construit pour M. Arago , a été représenté au commencement de i85/i par M. Tabbé Moigno dans le journal le Cosmos. En voici une descriptioo et des dessins plus complets.
La figure 13 (p. 322) est une coupe théorique faite horizontalement suivant Taxe de Tinstrument
La figure iU (p. 322) donne un plan géométral de TappareiL
Enfin la figure 15 (p. 323) représente l'ensemble de l'appareil , vu en perspective. L'instrument est placé sur un banc de bois, où il est solidement fixé.
n faut distinguer dans l'appareil quatre parties : 1** la portion éclairante; 2* la portion tubulaire; 3° la portion interférente, c'està-dire la portion où les interférences se produisent et sont mesurées ; k* enfin la portion oculaire où l'œil est placé et volt le phénomène.
i* Partie éclairante, \J (fig. ik et 15) est une lampe modérateur bien allumée portée par une console et maintenue à une hauteur telle que le centre de la mèche corresponde au centre de l'appareil; le verre est recouvert par une enveloppe demi-cylindrique en tôle mince argentée à l'intérieur, pour renvoyer avec plus d'intensité les rayons lumineux.
F (fig. 13, 1/i, 15 et 16) est une fente longitudinale et verticale à la fois, à ouverture mobile, qu'on peut élargir ou rétrécir à volonté, en faisant tourner le bouton z, dans un sens ou dans l'autre ; que Ton peut aussi faire pivoter sur son axe et incliner à droite et à gauche, de manière à la bien centrer, en agissant sur le bouton v , en communication avec elle par la tige horizontale gg' (fig. 1/i et 15). La fente est au foyer de la lentille L (fi^, 13, 1/i, 15), et, par conséquent, les rayons émis par la fente et qui ont traversé la lentille, sont rendus parallèles; la lentille L fait ainsi fonction de collimateur et les rayons qui doivent plus tard interférer peuvent être considérés comme venant de l'infini.
2" Portion tubulaire. Elle est supposée constituée par deux tubes fermés, juxtaposés ; mais dans presque toutes les expériences on peut se dispenser de l'un des deux tubes, que l'on remplace par un X. — 1. 21
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siccatif, avec les rayons qui avaient traversé le brouillard atmosphérique, et de voir de combien les bandes s'étaient déplacées, et dans quel sens le déplacement avait lieu. M. Laugier, qui a bien voulu me remplacer dans celte observation, m'a annoncé que le déplacement des bandes
(«pace accessible à l'air. On na volt donc dans les dessins (fig. 13, lu, 15) que le seul tube en cuivre quadran gui aire T, terminé àsa deux extrémités par deux glaces à faces parallèles G, G. Ces glaça se prolongent au delà des parois du tube T dans l'espace accessible ft l'air qui remplace le second tube, aBo que tout soit parfaitetneai symétrique sur le passage des rayons qui doivent interférer. On a ménagé dans le tube T une ouverture sur laquelle a'em
■U ) iDlertinntu
bouche, au moyen d'un manchon serré par la vis de pres»OQ (fig. 14 et 15), un tube de plomb f. Ce tube est en C0DimuDic3li( avec la pompe ft air p, à l'aide de laquelle on peut faire le vide du le conduit t et dans le tube T en tirant et refoulant tour à tour piston placé sous la main de l'observateur.
La figure 17 représente une sorte de bouteille ou flacon F" i goulot duquel s'adapte un tube de caoutchouc (' que l'on fiie l'aide d'un manchon et d'une vis de pression r' très-près de l'eitr mité antérieure G du tube T. Ce flacon a pour fond une plaque niiD< en bois poreux S, pressée fortement k vis contre un rebord intérieu Quand en retirant le piston p, on aspire l'air dans le tube T, po' y faire momentanément le vide, cet air est forcé de traverser lame de bols, et si l'on a placé sur cette lame des fragments d'i corps solide vaporisable, ou si l'on a versé sur elle quelques goutt d'un liquide volatil , l'air qui pénètre dans le tube sera chargé >
SDR LA MÉTHODE DBS INTERFÉRENCES. 33S
s'opérait toujours dans le sens da brouillard, et qu'ordinairement il ae s'élevait qu'à trois ou quatre bandes. Il résulte de cette expérience que l'air chargé de brouillard Férracte un tant soît peu plus que l'air sec, ce qui, assurément, eu égard à la petitesse de l'excès, n'aurait pas
Tapeurs, t&ndls qne l'air en dehors du tube restera pur. Ou poum doQc, de cette manière, étudier l'action des vapeurs produites sur le rayon lumineux.
Fig. t T. — Hoym dlnlradDin dtt Tipinn dut l'ippinll I IntcrffinDCM da 11. AngD.
EqIIq la figure 18 représente deux tubes carrés a, m', ouverts à
été prévu à priori. En admettant, en effet, que les rayons traversassent dans l'étendue d'un mètre les pellicules liquides formant l'enveloppe extérieure des vapeurs vésiculaires, ils devaient être considérablement retardés ; et dans le cas où Ton supposait qu'ils arrivaient au poinl
leur partie supérieure ; on les substitue au tube T lorsqu'on veui comparer le pouvoir réfringent de l'eau ou d'un liquide quelconqw à la température ambiante , au pouvoir réfringent de ce même li quide après qu'on a abaissé ou élevé sa température ou qu'on T; mélangé de tel ou tel autre liquide. Les ouvertures permetten d'introduire dans le liquide soit un agitateur A pour le mélanger e ramener partout à la même densité et à la même température, so: un thermomètre 6 pour déterminer cette température uniforme. L( deux tubes sont également fermés à leurs extrémités par deu glaces parallèles C, C.
3" Portion inter/érente. En avant et très-près de la glace < gauche G (fig. 1/i et 15), en face de la ligne de séparation vertica des deux tubes ou de la cloison tout à fait rectiligne qui sépare . portion fermée de la portion ouverte, se dresse un obstacle fora d'un prisme triangulaire représenté dans la figure 15. L'arête ve ticale de ce prisme est située du côté de la lumière ; son hypi ténuse a 2 millimètres de longueur. A droite et à gauche de cet base se trouvent deux ouvertures ou espaces rectangulaires d'i millimètre de largeur. Le faisceau lumineux venu de la fente F* rendu parallèle par la lentille L est partagé en deux faisceaux aos parallèles : l'un pénètre dans le tube T et sort par une des ouvet tures taillée d'un côté de l'arête ou biseau de l'obstacle ; l'aut^ est rejeté dans la seconde ouverture par le même obstacle, i premier faisceau passe donc dans le tube T vide ou rempli de vapev ou occupé par le milieu dont on veut étudier le pouvoir réfringeni le second faisceau passe dans l'espace libre ou rempli d'air, n suite de la différence des milieux qu'ils ont traversés, des action diverses qu'ils ont subies, de leur inégalité de marche, en un mo ces deux faisceaux donneront naissance, au delà de l'obstacle, des bandes d'interférence dont la position déviée permettra d'esl mer à posteriori la différence de marche et par suite les actioi subies. '
Derrière et très-près des ouvertures se trouvent deux larges glaa milices h (fig. 15) ii faces parallèles et maintenues verticales; c<
SUR LÀ MÉTHODE DBS INTERFÉRENCES. a27
d'interférence, en passant entre les molécules,, sans en traverser aucune, ils (levaient éprouver le mênxe effet qu'en se propageant à travers Tair humide de Texpérience précédente.
Ceci une fois établi , on conçoit aisément comment le
griaces sont montées dans deux châssis verticaux qui les embrassent en laissant libres toutefois les deux bords verticaux intérieurs. Ceux-ci sont aussi rapprochés que possible Fun de Tautre,. afin que les faisceaux lumineux passent en entier à travers les glaces ; les deux châssis sont reliés en haut par un axe vertical commun autour duquel ils peuvent tourner. Pour produire ce mouvement de rotation on a fixé aux bords supérieurs horizontaux des châssis qui portent les glaces deux secteurs circulaires horizontaux, de 60 degrés environ; ces secteurs engrènent avec deux pignons placés au sommet de deux axes verticaux. Ces axes portent en bas deux roues
» d'angle horizontales qui engrènent avec deux autres roues d'angle verticales liées aux deux tringles d et k deux boutons bb (fig. iU
ietl5). On voit très-bien dans la figure 15 qu'en faisant mouvoir chacun des boutons 6, on fait tourner Taxe vertical correspondant et avec cet axe le secteur denté qu'il porte , et avec le secteur la glace, qui décrit un angle autour de son arête restée fixe. Pour pou* voir mesurer cet angle on a établi horizontalement au-dessus des deux secteurs dentés un demi-cercle divisé muni . de deux alidades
I avec vernier a. Le centre du cercle divisé et les centres de rotation
I des alidades sont situés sur Taxe vertical commun des deux châssis; celles-ci font comme corps avec les bords horizontaux supérieurs des deux glaces. Les alidades tournent par conséquent en même temps que les glaces et décrivent les mômes angles qu'elles, angles exprimés par le nombre de divisions comprises entre les zéros des verniers des alidades et les zéros du cercle divisé. Quand le zéro de Talidade coïncide avec le zéro du cercle divisé, la glace est perpendiculaire au rayon lumineux, et la longueur parcourue par lui dans la glace est au minimum ; cette longueur croît de plus en plus à mesure que la glace tourne ou est plus inclinée sur la direction du rayon ; elle croit en raison inverse du cosinus de l'angle de rotation de la glace.
L'ensemble des deux lames que nous venons de décrire fait dans Tappareil l'office de compensateur, en ce sens que si l'un des faisceaux, en passant dans un milieu moins dense ou moins réfringent,
33g MÉMOIRE
Soleil OU une étoile, vus à travers les nuages, paraissent à la même hauteur que si le ciel avait été parfaitement serein. Cette identité de hauteur résulte en point de fait d'observations que j'entrepris dès l'année 1809, et qui furent communiquées au Bureau des Longitudes par Laplace, à la demande duquel elles avaient été faites.
a parcouru un chemin moindre, ce qui a eu pour effet de déplacer les franges d'interférence du côté du milieu plus dense ou plus réfringent, on peut, en inclinant la glace placée sur le trajet du premier faisceau , lui faire parcourir dans cette glace un chemin plus grand et compenser ainsi la différence de marche ou rendre les chemins parcourus égaux , ce qui ramène les franges déplacées an centre de l'appareil. Par la combinaison des mouvements de rotation ou des inclinaisons successives des glaces, on arrive aussi trè»* simplement à estimer le déplacement des franges, soit par la déte^ mination du nombre des franges rejetées du côté du milieu plus réfringent, soit par la mesure directe de l'espace parcouru par la frange centrale.
Au lieu d'une glace dressée sur le trajet de chaque faisceau, on peut placer de chaque côté une couple de glaces, dans le but d'obtenir que les rayons qui interfèrent suivent exactement, après leur passage à travers les glaces, la même ligne droite qu'ils suivaient auparavant : pour cela, les deux glaces de chaque couple tournent en même temps mais en sens contraire, l'une en avant, l'autre en arrière, d'angles rigoureusement égaux.
U* Portion oculaire. Cette partie de l'instrument se compose (fig. 14 et 15) d'une lunette formée d'une lentille L" faisant fonction d'objectif et d'une lentille oculaire /. Entre l'objectif et l'oculaire, on a installé une aiguille ou fil micrométrique parfaitement vertical et servant de point de repère, en ce sens que l'on fait toujours coïncider avec le fil la frange lumineuse centrale , blanc entre deux noirs, pour estimer ses déplacements. L'observateur met au point le tube /R (fig. 14 ) à l'aide du moyen indiqué par la figure 16, qui représente la vue antérieure de rextrémité de ce tube. 11 se sert, à cet effet, de la tige gg'y munie de charnières universelles commandant le pignon a? (fig. 15) ; en faisant tourner dans un sens ou dans l'autre le bouton v , il dirige la fente F à droite ou à gauche jusqu'à ce que les ft*ange9 d'interférence soient très-nettes et très^distinctes.
L'illustre géomètre cita , entre autres , les observations du Soleil , faites à travers des brouillards ou des nuages assez épais, le 11-12 novembre et le 22 décembre 1809.
A£MARQU£S HISTORIQUES SUR t.A DÉTERMINATION DES INDICES DE RÉFRACTION DE L*AIR HUMn>£ ET DE L*AIR CHARGÉ DB BROUILLARD
J'ai été très-surprîs de trouver dans Tédition du Traité faslronomie publiée par sir John Herschel en 1849, la Arase suivante : « D'ailleurs, le pouvoir réfringent de W est sensiblement affecté par son humidité. »
Cette décision est en contradiction manifeste avec le ésultat que nous avions obtenu longtemps auparavant, 'resnel et moi , et qui a été publié en 1822, dans un iupplément à la Chimie de Thomson *•
J'ai été curieux de rechercher sur quelles expériences e fondait le célèbre astronome anglais ; car je ne puiâ apposer qu'il se soit décidé à la légère à se mettre eri tpposition avec un expérimentateur du mérite de Fresnel. foici ce que j'ai trouvé de plus précis à ce sujet.
En 1796, M. Huddart conjecturait que les phénomènes le mirage qu'il avait observés sur la mer dépendaient l'une diminution de densité ou de puissance réfractive (ans les couches inférieures de l'atmosphère. Cette dimilution était, suivant lui, le résultat nécessaire de l'évapoation. Mais comment la vapeur d'eau altérait-elle la den-