‹ Œuvres complètes de François Arago (volume 5)Chapitre 51 sur 153 · Voir l'Appendice qui termine ce volume · texte numérisé non relu

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site ou ia puissance réfringente de Tair sec? M. Huddart n'essayait pas de le décider; son Mémoire ne renfermait d'ailleurs aucune mesure , aucune observation du thermomètre ou de l'hygromètre , faite dans les couches où naissait la trajectoire qui produisait l'image renversée. Nous savons aujourd'hui que ces images renversées, que les phénomènes généraux du mirage, sont des effets de la haute température, et dès lors de la faible densité des couches d'air qui reposent sur un sol nu et très-absorbant. Les conjectures de M. Huddart étaient donc san^ valeur scientifique.

Dans les écrits de Monge, relatifs aux phénomènes d< mirage observés en Egypte, on trouve le passage suivant ;

t L'élévation de température n'est pas la seule caus^ qui, sous une pression constante, puisse dilater la coucIm inférieure de l'atmosphère. En effet, l'air a la faculté d| dissoudre l'eau, et même d'atteindre le point de saturaliol sans perdre sa transparence ; et Saussure a fait voir qiï la pesanteur spécifique de l'air décroît à mesure qu'j tient une plus grande quantité d'eau en dissolution. Loi donc que le vent qui souffle en mer apporte un air q^ n'est pas saturé d'eau, la couche inférieure de Tatmc] sphère qui est en contact avec la surface de la mer di^ sout de l'eau nouvelle et se dilate. Cette cause, jointe | la légère augmentation de température, peut enfin am^ ner les circonstances favorables au mirage et produire en effet, celui que les marins observent assez fréquert ment. »

Il fallait être bien hardi pour déduire de ces vague raisonnements la conséquence consignée dans la Déccui

SUR LA MÉTHODE DBS INTERFÊHENCBS. 331

égyptienne j que dans certaines circonstances Thumidité de l'air diminue sa force réfringente.

Wollaston fit, le 9 septembre 1801, une observation qui paraissait être d'accord avec l'opinion gratuite de Huddart et de Monge ; mais dans aucune autre occasion cette conclusion ne lui parut se confirmer. ( Transactions philotopkiques^ 1803.)

Vinrent ensuite en 1806, les observations directes que j'entrepris en collaboration avec M. Biot *^, mais qui ne firent ressortir aucune différence sensible entre la puissance réfractive de l'air sec et celle de l'air humide.

Pour compléter celte énumération, je dois citer un calcul de Laplace, inséré dans le iv' volume de la Mécamique céleste K A défaut de mesures directes, cet illustre géomètre supposa que ce qu'on appelle le pouvoir réfringent était le même pour l'eau et pour sa vapeur, et il déduisit de cette hypothèse l'augmentation de la réfraction de l'air humide comparée à celle de l'air sec. Mais la isupposition d'un égal pouvoir réfringent d'un liquide et Ide la vapeur qui en émane n'est nullement conforme aux observations, ainsi que nous l'avons prouvé M. Petit et moi, dans un Mémoire qui fut lu à l'Académie des sciences le 11 décembre 1815*.

Ainsi, aucune expérience à moi connue ne justifie l'assertion de sir John Herschel. Il me semble, mon illustre confrère me permettra de le lui dire , que plus on occupe un rang incontesté et incontestable, plus on

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