Voir p. 123 à 131 de ce volume
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devrait se garder de jeter inconsidérément dans la science des assertions hasardées.
Mes expériences d'interférences accusent bien une différence entre les pouvoirs réfringents de Tair sec et de Tair humide, mais la méthode si délicate, si sensible, que j'ai imaginée prouve que cette différence doit être négligée dans le calcul des réfractions astronomiques, i
Le monde savant a été tenu à plusieurs reprises au courant de mes recherches sur ce sujet, et à la date d^ 5 février ISliO le procès-verbal de la séance du Bureaif des Longitudes contient encore la note suivante : |
« M. Arago parle de son expérience relative à la déter^ mination de la différence de réfraction entre Tair sec <i^ Tair humide. Les franges marchent du côté de Tair s^ L'air humide est donc le moins réfringent. Mais il avait une difficulté : il pouvait se déposer de Feau si les glaces qui ferment les tubes. On s'est assuré qui n'y avait eu aucune influence de ce genre parce qi des tubes très -courts ne donnent aucun déplacemed mesurable. » i
J'arrive maintenant aux observations ci- dessus rap^ portées sur l'indice de réfraction de l'air chargé à brouillard et de nuages. '
Une recherche semblable à celle que j'ai faite a éi entreprise avec le même résultat par M. Peters, à P kowa. C'est à cet astronome éminent qu'on a pris l'ha tude d'attribuer la découverte du fait expérimental, découverte il y a. On peut voir à ce sujet, par exempl le discours prononcé par M. Adams, président de Société astronomique de Londres, à l'occasion de
Isiédailie si justement accordée par cette société à Tastro- Borne russe. M. Adams s'exprime ainsi : « II y a encore, daijs le Mémoire de M. Peters , d'autres discussions sur flusieurs points curieux de la science, tels que Teffet des luages sur la réfraction, » etc. ( Discours de M. Âdams , fage 121 des Procis-verbaiio) de la Société astrono^ ticjue. )
■ Je n'aurais rien à dire contre l'oubli de mon nom dans lette citation, si le fait en question n'avait pas été publié, fil n'avait été révélé qu'aux membres du Bureau des iOngitudes depuis plus de quarante ans; mais je puis n'appuyer sur une publication de 1838. Dans V Annuaire I te cette année (Notice sur le tonnerre) on trouve en itet ce passage* :
ï « Les zigzags des éclairs ont toujours paru si éton-
; ëiits, qu'on a été jusqu'à les regarder comme de pures
N lusions, comme le résultat de réfractions irrégulières
[ tie les vapeurs atmosphériques, que les nuages feraient
[ |)rouver aux rayons de lumière (Logan, Transactions
Ulosophiques^ vol. xxxix).
fc tLes astronomes qui , si souvent, ont l'occasion d'ob-
ferver les astres à travers les vapeurs et les nuages,
ans les trouver autrement soulevés que si l'atmosphère
; tait sereine, ne pourraient pas même se résoudre à
f. éfuter sérieusement l'étrange conception de M. Logan. »
p Au reste, la difficulté, dans la question que nous venons
le poser, consistait à expliquer comment des nuages
I forme prismatique, comment des nuages où la face
V 1. Voir t IV des Œuvres^ t. !•' des iXotices scientifiques^ p. 218.
d'entrée et celle dé sortie des rayons venant des astres étaient inclinées fortement Tune à ràutre, transmettaient ces rayons sans les dévier.
Cette difficulté, je la levai à l'aide des expériences dont j'ai rendu compte dans ce Mémoire,
[La première partie de ce volume renferme tous les Mémoires que M. Arago a laissés sur l'optique. Sur ces dix-sept Mémoires, quatre seulement ont été publiés du vivant de l'illustre secrétaire perpétuel de l'Académie des sciences , qui avait toutefois eu soin de prendre date de chacune de ses découvertes par des notes sommaires insérées dans divers recueils. Toutes ces notes sont réunies dans cet Appendice , qui contient en outre le dépouillement et la réduction de plusieurs milliers d'expériences inédites faites par M. Arago sur la polarisation et la réfraction, des fragments manuscrits relatifs à plusieurs phénomènes d'optique, des rapports faits à l'Académie sur ce même sujet, des éclaircissements et des critiques sur différentes parties de la théorie de la lumière. ]
KOTES SUR QUELQUES PHÉNOMÈNES D'OPTIQUE RELATIVES AU MÉ- MOIRE SUR LES COULEURS DES LAMES MINCES, DU 18 FÉVRIER 1811, A CELUI SUR LA POLARISATION COLORÉE, DU 11 AOUT 1811, ENFIN A CELUI SUR PLUSIEURS NOUVEAUX PHÉNOMÈNES d'optique, du iil DÉCEMBRE 1812 *
J'examine à l'aide d'un prisme achromatique de spath Calcaire, et sous l'angle de 35*" environ, les anneaux colorés qui entourent le point de contact de deux lentilles
1. Voir p. 1 à 31, 36 à 7Zi, et 85 à 97 de ce volume. — Ces Note» sont inédites.
superposées. Je tourne le prisme jusqu'à ce qu'une seule série d'anneaux soit visible. J'interpose entre les lentilles et le prisme un fragment de cristal de roche à faces parallèles et taillé de plus perpendiculairement aux arêtes du prisme hexaèdre ; on voit alors les deux séries d'anneaux, quelle que soit la position du cristal, pourvu que les rayons réfléchis rencontrent ses faces perpendiculairement.
A l'œil nu ou à l'aide du spath calcaire, je n'aperçois que six anneaux distincts. Lorsqu'on interpose le cristal de roche avec les conditions énoncées ci -dessus, ces mêmes six anneaux se voient également dans chaque suite, mais ils sont entourés alors d'une série d'anneaui de moindre largeur et qui ont même centre que les premiers. Ces nouveaux anneaux sont contigus aux autres, lorsque les faces du cristal interposé sont perpendiculaires aux rayons réfléchis. Mais si l'on change cette inclinaison, on voit les nouveaux anneaux augmenter de diamètre, diminuer de largeur, et finir enfin par disparaître, lorsque l'angle des rayons réfléchis et des faces du cristal est assez aigu»
A l'œil nu , l'interposition de la plaque de cristal de roche ne contribue aucunement à augmenter le nombre des anneaux visibles.
Lorsqu'on fait faire de petites oscillations à la plaque de cristal de roche autour de la position perpendiculaire, on voit, comme nous l'avons dit plus haut, la série supplémentaire d'anneaux augmenter de grandeur (dans tous les sens). Les anneaux contigus se resserrent et finissent enfin par disparaître entièrement ; mais il est