‹ Œuvres complètes de François Arago (volume 5)Chapitre 82 sur 153 · Voir précédemment, p · texte numérisé non relu

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une épaisseur d'un dixième de niillimètre. Avec la pointe d'un instrument tranchant j'ai tracé deux lignes parallèles et j'ai enlevé soigneusement la portion de papier et d'encre comprise entre ces deux traits, et qui adhérait à la surface du verre. Cette ouverture, mesurée au micromètre, s'est trouvée de i^'^MT. J'ai pressé ensuite l'un contre l'autre deux cylindres de cuivre de l/i.™*",5 de diamètre, et en introduisant entre eux une lame graduée en forme de coin, je les ai écartés jusqu'à ce que l'intervalle qui les séparait fût aussi de 1""^M7, Ces cylindres, posés à côté de la glace noircie, étaient comme elle à 4"". 015 du point lumineux et à 1".663 du micromètre. J'ai mesuré la largeur des franges produites par ces deux ouvertures et, comme on va le voir, elles se sont trouvées parfaitement égales. Ces observations ont été faites dans la lumière blanche.

« Intervalle compris entre les points les plus sombres des deux bandes obscures du premier ordre, à la séparation du rouge bistre et du violet :

«Sur le verre, l'^'^.ilÔ; sur les cylindres, l™"^/i9.

« Intervalle compris entre les limites des deux franges du deuxième ordre, à la séparation du rouge et du vert :

« Sur le verre, S^'^^.Sa; sur les cylindres, â"^".22.

« Il serait difficile de trouver, quant à la masse et à la nature des bords d'une ouverture, des circonstances plus dissemblables que celles de l'expérience précédente. Dans un des cas , la diffraction était produite par une couche mince d'encre de Chine; dans l'autre, deux cylindres de cuivre, de 14 millimètres et demi de diamètre, et qui présentaient dès lors aux rayons , sur les bords de l'.ou-

verture, des masses et des surfaces considérables ; et l'on voit cependant qu'il y a eu, dans les deux expériences , parité parfaite de dilatation du faisceau lumineux. »

L'expérience qui suit montre d'une manière non moins évidente qu'on peut changer la forme du corps sans altérer pour cela, en aucune manière, la position des bandes diffractées,

« J'ai fait passer, dit Fresnel , un faisceau lumineu^i: entre deux plaques d'acier très-rapprochées, dont les bords verticaux, bien dressés sur toute leur longueur, étaient tranchants dans une partie, arrondis dans une autre, et disposés de manière que le bord arrondi d'une des plaques répondait au tranchant de l'autre , et réciproquement. Il en résultait que le tranchant se trouvant à droite, par exemple, dans la partie supérieure de l^ouverture, était à gauche dans la partie inférieure. Par conséquent, pour peu que la différence d'action des deux bords eût porté les rayons plus d'un côté que de l'autre, je m'en serais aperçu aux positions relatives des parties supérieure et inférieure de l'intervalle clair du milieu, et surtout à celles des franges qui l'accompagnent et qui auraient paru brisées dans la partie correspondante au point où le tranchant supérieur s'arrondissait et oii commençait le tranchant inférieur de l'autre plaque. Mais en observant attentivement ces bandes, je n'ai remarqué aucun point de rupture ni d'inflexion dans toute leur longueur ; elles étaient droites et continues comme si les plaques avaient été disposées de manière que les parties de même forme fussent opposées l'une à l'autre. On pourrait varier Texpérience , ajoute M. Fresnel , en com-

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posant ces plaques de deux parties de natures différentes, et Ton obtiendrait le même résultat. » Je me rappelle, en effet, avoir vu, il y a quelques années, dans le cabinet de physique d'Arcueil, des lames ainsi composées de corps de diverses natures et qui cependant déviaient également la lumière dans toute leur étendue , comme MM. Berthollet et Malus l'avaient reconnu par des mesures multipliées et très-précises.

EXPÉRIENCES RELATIVES A LA DÉTERMINATION DES RATONS QUI CONCOURENT A LA PRODUCTION DES FRANGES *

Les expériences qui suivent démontrent également qu'on ne peut pas attribuer les phénomènes de la diffraction aux seuls rayons qui touchent les bords des corps, et qu'une infinité de rayons séparés de ces bords par des intervalles sensibles sont écartés de leurs directions primitives et concourent aussi à la production des franges.

« Ayant découpé, dit Fresnel, une feuille de cuivre G H dans la forme représentée par la figure ci-jointe (fig. 20), je la plaçai devant un point lumineux dans une chambre obscure et j'examinai son ombre avec une loupe : or, voici ce que j'observai, en m'en éloignant graduellement: lorsque les franges produites par chacune des ouvertures très-étroites CEE'C et DFF'D' étaient sorties de l'ombre géométrique de CDEF, qui ne recevait plus alors qu'une lumière sensiblement blanche de chaque fente considérée

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