‹ Œuvres complètes de François Arago (volume 5)Chapitre 83 sur 153 · Voir précédemment, page · texte numérisé non relu

Voir précédemment, page

séparément, les franges intérieures provenant du croisemeflt de ces deux faisceaux lumineux présentaient des couleurs beaucoup plus vives et plus pures que celles des: franges intérieures de l'ombre ABDC , et avaient en même temps plus d'éclat. En m'éloignant davantage, je voyais la lumière diminuer dans toute l'étendue de l'om- !)reABF£, mais plus rapidement dans EFDG que dans :a partie supérieure ; en sorte qu'il y avait un instant où :'iDten&ité de la lumière était la même de haut en bas , iprèa lequel les franges devenaient plus obscures dans la

H;. 10. — DéIcrmiluUOD ia ujoai qui i

unie inférieure ^, quoique leurs couleurs fussent toujours )eaucoup plus pures.

• S'il n'y avait de lumière infléchie que celle qui a rasé es bords mêmes du corps opaque, les franges de la Hrtie supérieure devraient être plus nettes que celles de a partie inférieure et présenter des couleurs plus pures; :ar les premières proviendraient du concours de deux iystèmes d'ondes ayant leurs centres sur les deux côtés

1. Pour que cetw différence d'éclat entre les deux parties de 'ombre puisse être bien prononcée, II faut que les fentes CE et IF ^ient très-étroites et que la feuille de cuivre soit suffisamment itolgnée du point lumineux.

AC et BD, tandis que les autres seraient formées par ce concours de quatre systèmes d'oodes ayant leurs centres sur les bords CE-, CE, DF, DT', ce qui diminuerait nécessairement la différence d'intensité des bandes obscures et brillantes dans la lumière homogène, ou la pureté des couleurs dans la lumière blanche, puisque les franges produites par les rayons réfléchis et infléchis sur CE' et DF ne coïncideraient pas parfaitement avec celles qui proviendraient du concours des rayons partis de CE et de DT' ; or, comme je viens de le dire , l'expérience prouve le contraire. On pourrait expliquer, dans la même hypothèse, comment il se fait que l'ombre de ECDF est mieux éclairée que celle de ABDC par la double source de lumière que fournissent les deux bords de chaque fente ; mais il résulterait de cette expUcation même que la partie inférieure devrait toujours conserver sa supériorité d'éclat, et nous venons de voir qu'il n'en est pas ainsi.

« Il résulte des expérie'nces que je viens de rapporter

qu'on ne peut pas attribuer les phénomènes de la diffraO| tion aux seuls rayons qui touchent les bords des corps, et| qu'il faut admettre qu'une infinité d'autres rayons séparésj de ces corps par des intervalles sensibles se trouvent| néanmoins écartés de leur première direction et concou-| rent aussi à la formation des franges.

« La dilatation qu'éprouve un faisceau lumineux en passant par une ouverture très - étroite démontre d'une manière encore plus directe que l'inflexion de la lumière

fe' étend à une distance sensible des bords du diaphragme.

C'est en réfléchissant sur ce phénomène que j'ai reconnu

DIFFRACTION DE LA LUMIËRE. 395

'erreur dans laquelle j'étais tombé d'abord. Lorsqu'on pproche beaucoup l'une de l'autre deux lames opaques ilacées devant un point lumineux dans une chambre ibscure , on voit l'espace éclairé par l'ouverture qui les épare s'élargir considérablement : ce sont les deux coueaux de Newton. Je suppose que, comme dans son îxpériénce , les bords de l'ouverture soient tranchants et* larfaitement afBlés, non que cela influe sur le phénomène, nais seulement pour rendre plus évidente la conséquence |u'on doit en tirer. La petite quantité de rayons qui ont ouché les tranchants étant répandue dans un espace lussi étendu ne pourrait produire qu'une lumière insenîble, ou du moins extrêmement faible, et au milieu de aquelle on devrait distinguer une bande brillante tracée )ar le pinceau des rayons directs. II n'en est pas ainsi «pendant , et la teinte blanche paraît d'une intensité à' )eu près uniforme dans un espace beaucoup plus grand [uela projection de l'ouverture*; elle s'affaiblit ensuite, nais par degrés, jusqu'aux bandes obscures du premier irdrè. C'était sans doute pour rendre raison de la quaiiité considérable de lunàière infléchie que Newton avait apposé que l'action des corps sur les rayons lumineux s'étendait à des distances très-sensibles; mais cette hypo-» hèse lie peut soutenir un examen approfondi. »

1. « L^espace éclairé est d^autant plus grand par rapport à la proection conique de Touverture, qu'on éloigne davantage du diaphragme le carton blanc sur lequel on reçoit son ombre ; et que ce liaphragme est lui-même plus éloigné du point lumineux ; en sorte |u'en augmentant suffisamment ces deux distances, on pourrait )btenir le même effet avec une ouverture d'une largeur quelconque.»

EXPÉRIENCES RELATIVES A LA VÉRIFICATION DE LA VALEUR DE LA LONGUEUR D*ONDE D^UN RAYON ROUGE '

L'auteur détermine d'abord la longueur d'une ondulation pour l'espèce 'particulière de verre coloré qui employait , à l'aide d'une méthode dont Texplication se trouve dans son Mémoire.

Cette valeur, par une moyenne entre cinq déterminations très-peu différentes, s'est trouvée égale à 0^.000638. Voici maintenant comment Fresnel confirme l'exactitude de ce résultat :

On peut appliquer aux franges formées par la rencontre de dçux faisceaux lumineux réfléchis sur deux miroir^ légèrement inclinés l'un sur l'autre, la formule à l'aide de laquelle Fresnel avait déterminé la largeur des franges qui s'observent dans l'ombre d'un corps étroit. Lors^ qu'on suppose que ces dernières franges proviennen( uniquement de la lumière infléchie dans l'ombre sur les bords mêmes du corps, leur largeur, ou l'intervalle compris entre deux minima consécutifs, se calcule par la formule ~ {Annales de chimie et de physique y l U p. 261). X est la longueur de Tonde lumineuse, b la distance du corps au micromètre. Quant à c, il représentait la largeur du corps opaque ; par conséquent , dans le phénomène produit par deux miroirs, il doit représenter la distance entre les deux images du point lumineux.

Page 1