‹ Œuvres complètes de François Arago (volume 5)Chapitre 9 sur 153 · DE LA POLARISATION DE LA LUMLIERE · texte numérisé non relu

DE LA POLARISATION DE LA LUMLIERE

risés, qu'aucune molécule de lumière ne doive se réfléchir, on ne voit des anneaux ni par réflexion ni par réfraction. Ce fait, qui pouvait se déduire immédiatement d'une des observations précédentes, prouve encore que les anneaux se forment uniquement aux dépens de la lumière partiellement réfléchie.

En assimilant, ainsi que Ta fait Newton, les couleurs des corps à celles des anneaux colorés, il semblerait naturel de supposer qu'en plaçant un de ces corps dans cette position où les objectifs ne donnent point d'anneaux, on ne devrait pas non plus voir de couleurs, ou que, du moins, on devrait les voir sensiblement atténuées, ce qui est contraire à l'expérience. (Répéter cette expérience, surtout avec des corps minces colorés Superposer plusieurs de ces corps minces, si un d'entre eux ne donnait pas des couleurs assez vives.)

Un moyen très-simple de s'assurer qu'il ne se forme point d'anneaux lorsque les rayons qui tombent sur deux objectifs superposés sont polarisés et placés par rapport aux surfaces des verres de manière qu'ils n'éprouvent pas la réflexion partielle, consiste à placer une lentille de verre ordinaire sur une lentille ou en général sur une plaque quelconque de spath d'Islande. En effet, lorsque le spath d'Islande sera en dessous, on ne verra qu'une seule série d'anneaux , mais elle sera visible sous toutes les inclinaisons; lorsque le carbonate de chaux sera, au

contraire, en dessus, on apercevra deux séries d'anneaux colorés; mais si l'on fait tourner la lentille autour de son centre, on verra, sous toutes les inclinaisons, les séries s'affaiblir successivement après chaque quart de révolution. Lorsque l'angle des rayons réfléchis et delà surface de jonction des deux verres superposés est de 35* environ, on verra les séries disparaître successivement deux fois pendant une révolution entière des lentilles : la série A disparaissant dans une position quelconque , la série B s'évanouira, quand à partir de là on aura fait faire un quart de révolution aux deux verres. Après un second quart de révolution , la série A disparaîtra de nouveau, et ce sera la série B qui s'évanouira encore après trois quarts de révolution. Sous des inclinaisons moindres que 35% les anneaux ne disparaîtront pas entièrement , mais ils s'affaibliront, comme dans les inclinaisons plus grandes, d'autant plus qu'on se rapprochera davantage des positions et de l'inclinaison sous laquelle ils s'évanouissaient d'abord successivement.

En examinant les anneaux transmis, sous l'inclinaison convenable, on apercevra des phénomènes entièrement analogues à ceux que je viens de décrire. Il est d'ailleurs facile de voir que, dans ces deux cas, la disparition successive des anneaux tient à ce que, dans chaque quart de révolution, un des faisceaux lumineux fournis par la plaque de cristal d'Islande se trouve dans un accès de facile transmission et échappe à la réflexion partielle.

Lorsqu'on place un miroir de verre sur un miroir métallique , on aperçoit des anneaux colorés autour du point de contact, tout aussi bien que lorsqu'on superpose deux

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