SUR LE PHOTOMÈTRE DE LESLIE
]a lumière réfléchie à la première surface est exprimée par 0. 0203 , et la lumière incidente sur la seconde face par 0.9797. Lambert trouve qu*à cette seconde face la proportion de lumière réfléchie est 0.0^50 de la lumière incidente , l'incidence étant 80% et que sous l'incidence perpendiculaire elle en est les 0.0448. Prenant la moyenne entre ces deux nombres, on a 0.0449, et multipliant par 0.9797, nous aurons 0.04399 pour la lumière réfléchie à la seconde face. En repassant dans l'air par la première face, ce faisceau doit être affaibli dans le rapport de l'unité à 0.0449, ce qui le réduira à 0.042 ; mais ce nombre est double de 0. 0203 qui représente la lumière réfléchie à la première face ; donc en examinant les deux ombres d'un corps très-délié, formées l'une sur la première surface d'un verre parallèle et l'autre sur la seconde, on devrait apercevoir une différence très-sensible d'intensite, tout entière à l'avantage de l'ombre qui est réfléchie par la seconde face, ce qui n'arrive pas.
SDR LE PHOTOMETRE DE LESLIE *
Le photomètre de Leslie, nous voulons dire le thermomètre différentiel du même physicien, dont une des boules est devenue opaque, à l'aide d'une légère dorure,
1. ^'ote inédite qui a été écrite à roccasion d*une communication faite par M. Melloni à l'Académie des sciences le 2 septembre 1839, sur la transmission de la chaleur rayonnante. M. Ârago a seulement inséré dans le Compte rendu de la séance les lignes suivantes : « A roccasion de la lettre qu'on vient de lire, par laquelle on voit X. — 1. 31
par exemple; le photomètre, disons-nous, jouit de l'étrange propriété de monter quand il est frappé par la lumière directe ou réfléchie du Soleil ; de baisser si on Texpose à la lumière qui émane du feu de nos cheminées, de rester à très- peu près stationnaire sous l'action de la lumière d'une lampe d'Argand. Ces trois états, stationnaire, de mouvement ascendant et de mouvement inverse de la liqueur du photomètre , n'exigent pas que les lumières qui les engendrent aient telle ou telle autre intensité, si du moins on ne tient compte que du sens ou de l'absence du déplacement*.
Au premier coup d'œil chacun sentira quel rôle jouent ici les rayons calorifiques obscurs de diverses natures et inégalement absorbables qui se trouvent mêlés aux différentes lumières ; du premier coup d'œil aussi on verra qu'il sera toujours possible de faire artificiellement une combinaison de lumière et de telle ou telle chaleur donnée, qui soit sans action sur le photomètre, de composer
que M. Melloni suit, avec son habileté accoutumée, les facultés diverses de transmission que possèdent les rayons calorifiques dissemblables dont sont particulièrement composées les émanations des corps terrestres échauffés , M. Arago a cité verbalement une expérience qu'il a faite, il y a plus de vingt ans, à Taide du photomètiv de Leslie et qui fournira un moyen très-simple de décider, sans passer par aucune mesure, si ces rayons calorifiques se réfléchisseut en plus ou en moins grandes proportions que les rayons lumineux. » — Voir sur le même sujet le deuxième Mémoire sur la photométrie, p. 21/i de ce volume, et la Notice sur Taction calorifique et Taction chimique de la lumière, t IV des Motices scientifiques ^ t, VII (1(S Œuvres y p. 638.
1. Nous appelons ainsi le mouvement de la liqueur qui se fait de la boule opaque vers la boule diaphane; quand le mouvement inverse s'opère, nous disons que le photomètre baisse.
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enfin un mélange photométriquément neutre ou d'amener à cet état , par des écrans , un mélange négatif.
Le mélange une fois trouvé, une fois éprouvé, quant à son action directe , on le fera arriver sur IMnstrument par voie de réflexion. Si alors la liqueur reste également stationnaire, ce sera une preuve que la réflexion n*a point changé les proportions relatives des divers rayons, lumineux et obscurs, qui étaient contenus dans le faisceau total.
Le caractère de cette méthode est de ne pas exiger de mesures proprement dites : un simple repère , un simple trait sur le tube pour constater l'immobilité du liquide, suffit amplement.
[Dans le tome m du Cosmos se trouve l'extrait suivant d'une lettre écrite en mai 1850 par M. Arago à M. de Humboldt : ]
«Il n'existe pas de photomètre proprement dit, c'està-dire d'instrument donnant l'intensité d'une lumière isolée. Le photomètre de Leslie , à l'aide duquel il avait eu l'audace de vouloir comparer la lumière de la Lune à la lumière du Soleil par des actions calorifiques, est complètement défectueux. J'ai prouvé, en effet, que ce prétendu photomètre monte quand on l'expose à la lumière du Soleil , qu'il descend sous l'action de la lumière du feu ordinaire et qu'il reste complètement stationnaire lorsqu'il reçoit la lumière d'une lampe d'Argand. Tout ce qu'on a pu faire jusqu'ici, c'est de comparer entre elles deux lumières en présence, et cette comparaison n'est même à l'abri de toute objection que lorsqu'on ramène ces deux lumières à l'égalité par un aff"aiblissement graduel de la lumière la plus forte. C'est comme critérium de cette
égalité que j'ai employé les anneaux colorés. Si Ton place l'une sur l'autre deux lentilles d'un long foyer, il se forme autour de leur point de contact des anneaux transmis ; ces deux séries d'anneaux se neutralisent mutuellement quand les deux lumières qui les forment et qui arrivent simultanément sur les deux lentilles sont égales entre elles.
« Dans le cas contraire, on voit des traces ou d'anneaux réfléchis ou d'anneaux transmis, suivant que la lumière qui forme les premiers est plus forte ou plus faible que la lumière à laquelle on doit les seconds. C'est dans ce sens seulement que les anneaux colorés jouent un rôle dans les mesures de la lumière auxquelles je ine suis livré. •