‹ Œuvres complètes de François Arago (volume 5)Chapitre 99 sur 153 · ACTION CHIMIQCE DE LA LUMIÈRE · texte numérisé non relu

ACTION CHIMIQCE DE LA LUMIÈRE

une surface de muriate d'argent, ce sel est décomposé- Mais si deux rayons tombent à la fois sur le même point dans des conditions d'interférence, la décomposition n'a plus lieu. »

L'éditeur de la traduction française du Système de chimie raotive ainsi l'insertion du post-scriptum ajouté au Supplément de la Chimie de Thomson : « L'impression de ce volume était déjà avancée lorsque cette expérience de M. Arago a été connue. Son objet est d'un si grand intérêt , et le fait qu'elle établit est si important pour la science de la chimie qu'on a cru devoir la présenter ici comme addition à l'article de la lumière qui commence ce Supplément. » Il dit en outre dans une note : « Cet exposé de l'expérience de M. Arago est de M. Fresnel ».

Cette description est ainsi conçue :

■ Dans l'exposé de ses recherches sur la lumière, M. Fresnel avait observé ce qui suit :

« En adoptant le système des ondulations, le seul qui puisse se concilier avec les phénomènes de la diffraction, on ne pouvait pas considérer l'action chimique de la lumière comme résultant d'une combinaison des molécules lumineuses avec les corps, puisque, d'après cette théorie, l'intensité de la lumière ne tient plus à l'abondance du fluide lumineux, mais à la vivacité de ses vibrations.

« Il en résulte évidemment que l'action chimique de la lumière doit consister dans une action mécanique de l'éther sur les molécules des corps qu'il environne de toutes parts et qu'il oblige à de nouveaux arrangements d'équilibre, à de nouvelles combinaisons plus stables,

quand les vibrations augmentent d'énergie. On conçoit que la nature des vibrations doit influer sur les effets chimiques qu'elles produisent.

« M. Arago vient de confirmer, par une expérience trèsintéressante , cette opinion de M. Fresnel et démontrer ainsi directement que l'action chimique de la lumière ne peut être attribuée à une combinaison de ses molécules avec celles des corps.

« Expérience. En faisant tomber sur du rauriate d'argent, fraîchement préparé, les franges produites par l'interférence de deux faisceaux réfléchis sur deux miroirs légèrement inclinés entre eux, M. Arago a reconnu qu'elles y traçaient des lignes noires , également espacées et séparées par des intervalles blancs; ce qui prouve que l'influence chimique des rayons lumineux est modifiée par leur interférence comme leurs propriétés optiques, et qu'elle varie d'intensité selon la différence des chemins parcourus. Quand cette différence est égale à un nombre entier d'ondulations, les deux systèmes d'ondes sont en accord parfait et leurs vibrations ont le plus d'énergie possible; c'est alors que leurs effets chimiques doivent atteindre leur maximum ; au contraire, dans les points où la différence des chemins parcourus est un nombre impair de demi-ondulations, la discordance étant complète, les effets chimiques doivent être nuls, comme la sensation de lumière que les mêmes points produisent sur l'œil; c'est aussi ce que confirme l'expérience. Il faut seulement remarquer que les rayons violets extrêmes étant ceux qui ont le plus d'action chimique , les lignes noires tracées sur le muriate d'argent ne doivent pas correspondre aux

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