‹ Œuvres complètes de François Coppée (volume 2)Chapitre 4 sur 10 · MAMAN NUNU · texte numérisé non relu

MAMAN NUNU

Mes parents n’étaient pas assez riches pour avoir une servante. Certes non, les pauvres gens! et je me souviens même qu’elles duraient très longtemps, les redingotes à collet de velours de mon père, et que maman faisait assez souvent de petits savonnages. Dès le matin, le pauvre homme s’en allait à son ministère, emportant dans sa poche un morceau de pain fourré de charcuterie pour son déjeuner; mes deux sœurs - — elles étudiaient la peinture — partaient pour leur atelier, et tandis que la cadette, celle qui devait mourir à vingttrois ans, hélas! et que nous appelions alors « la grosse Marie », finissait le ménage, ma pauvre mère s’installait à son petit bureau, près de la fenêtre, et commençait à copier des mémoires de charpente ou de serrurerie pour les entrepreneurs

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