‹ Œuvres complètes de François Coppée (volume 5)Chapitre 18 sur 20 · CO · texte numérisé non relu

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Il en savait par cœur un très grand nombre, étant doué d’une mémoire étonnante, et il les déclamait imperturbablement, sans une erreur, indiquant par la diction toutes les nuances, même celles de la ponctuation. Il nous récita ainsi des morceaux de longue haleine, entre autres le célèbre fragment de l'Esprit des Lois, le dialogue de Sylla et d’Eucrate. De temps en temps, il s’interrompait devant une beauté particulièrement frappante, à l’accord parfait de deux mots; il soulignait d’une exclamation le trait génial, et il le répétait avec une volupté de dilettante.

Nous croyons l’entendre encore, déclamant la prose ferme et nombreuse de Montesquieu :

— « Quelques jours après que Sylla se fut démis de la dictature, j’appris que la réputation que j’avais parmi les philosophes lui faisait souhaiter de me voir. Il était à sa maison de Tibur, où il jouissait des premiers moments tranquilles de sa vie. Je ne sentis point devant lui le trouble où nous jette ordinairement la présence des grands hommes. Et, dès que nous fûmes seuls: « — Sylla, lui dis-je.... »

Là, Flaubert s’arrêtait toujours, suffoqué d’admiration.

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