L'AMANT DÉSESPÉRÉ
Mais quel son a frappé mon oreille éperdue? Peut-être est-ce un soupir de ma divinité,
Qui dit à mon coeur agité :
Viens , elle te sera rendue.
C'est elle! ô doux retour! hâtons-nous d'approcher. J'entends ses pieds fouler les feuilles gémissantes; Mais non... c'est ce ruisseau qui va contre un rocher Briser, en murmurant, ses ondes blanchissantes.
Ce ruisseau murmurer?... Il gémit sur mon sort. Ces arbres attristants et voués à la mort
Qui couronnent ces rives , Ces sapins , ces cyprès , leur morne majesté , Ces bois silencieux, leur vaste obscurité, Tout semble prendre part à mes douleurs plaintives.
Ah! revînt-elle encore, il ne sera plus temps. Ses yeux, au lieu de moi , retrouveront ma cendre; Et les pleurs que sur elle on la verra répandre , Ses regrets douloureux, ses longs gémissements, Viendront au tombeau même éveiller mes tourments.