‹ uvres complètes de Gilbert, publiées pour la première fois, avec les corrections de l'auteur et les variantes, accompagnées de notes littéraires et historiquesChapitre 37 sur 65 · LE PRINTEMPS · texte numérisé non relu

LE PRINTEMPS

Sur un vieux char de fer, traîné par les orages, L'Hiver, ce noir géant, compagnon des ravages, Fuit avec les frimas et l'ennui, ses enfants. Aux accords enchanteurs des oiseaux triomphants. Foulant d'un pied léger la naissante verdure, Le Printemps, au milieu d'une foule d'Amours, Des zéphyrs précédé , suivi par les heaux jours , Arrive, et d'un coup d'œil embellit la nature.

L'arbre, qui n'étoit plus qu'un cadavre séché,

Est étonné des fleurs qui brillent sur sa tête;

Et le fleuve, tantôt sous les glaces caché,

Tantôt rapide , impur, battu par la tempête ,

Se promène, orgueilleux du calme de ses eaux :

Et vous, long-temps muets, vous murmurez, ruisseaux;

Vous admirez déjà les fleurs les plus superbes

Se disputer l'honneur de parfumer vos bords :

Et vous, vous, ô Amour! tout ressent vos transports :

Le zéphyr caressant courbe en ondes les herbes,

Et l'oiseau tout de feu , d'arbre en arbre élancé,

Poursuit, atteint, saisit, relâche sa femelle,

L'attrape de nouveau, l'agace, bat de l'aile,

Et sous un sein brûlant tenant son corps pressé,

En jouit, et s'envole en chantant avec elle.

* Une des pièces de la première édition du Début poétique qui ne reparu rem point dans la seconde.

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