LE NOUVEL ÉPICURE
Ton sein et s'élève et s'abaisse...
Il semble à mes regards que ton être renaisse. Est-ce toi?... C'est Hébé... près du maître des dieux.
L'amour est sur son teint, la soif est sur sa bouche.
Je puis, sans qu'elle s'effarouche, Lui dire : Aimons, buvons, prolongeons nos priutemps. Ceux-là craignent la mort, qui n'ont point dans l'ivresse Appris à dédaigner ses arrêts menaçants : Trembler pour l'avenir, y réfléchir sans cesse,
C'est mourir à tous les instants ; Mais nous, dans les plaisirs plongeant notre jeunesse, De Bacchus , de l'Amour suivant les douces lois , Nous jouirons sans cesse,
Et nous ne mourrons qu'une fois.
Nos jours seront semblables
Aux ruisseaux enchanteurs Qui, promenant leurs flots sur des tapis de fleurs, Vont insensiblement se perdre dans les sables.
Buvons , etc.
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