‹ uvres complètes de Gilbert, publiées pour la première fois, avec les corrections de l'auteur et les variantes, accompagnées de notes littéraires et historiquesChapitre 44 sur 65 · LE NOUVEL ÉPICURE · texte numérisé non relu

LE NOUVEL ÉPICURE

Ton sein et s'élève et s'abaisse...

Il semble à mes regards que ton être renaisse. Est-ce toi?... C'est Hébé... près du maître des dieux.

L'amour est sur son teint, la soif est sur sa bouche.

Je puis, sans qu'elle s'effarouche, Lui dire : Aimons, buvons, prolongeons nos priutemps. Ceux-là craignent la mort, qui n'ont point dans l'ivresse Appris à dédaigner ses arrêts menaçants : Trembler pour l'avenir, y réfléchir sans cesse,

C'est mourir à tous les instants ; Mais nous, dans les plaisirs plongeant notre jeunesse, De Bacchus , de l'Amour suivant les douces lois , Nous jouirons sans cesse,

Et nous ne mourrons qu'une fois.

Nos jours seront semblables

Aux ruisseaux enchanteurs Qui, promenant leurs flots sur des tapis de fleurs, Vont insensiblement se perdre dans les sables.

Buvons , etc.

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