A MLLE ROSALIE
Vous voulez donc toujours m'accuser d'imposture? Plus de ma vive ardeur ma bouche vous assure , Moins votre esprit m'en croit, plus je suis maltraité! 0 chère Rosalie, avec tant de beauté, Doit-il être étonnant que vous charmiez une ame? « C'est avec moins de feu que s'exprime un amant. » Cruelle ! dites mieux ; quand un cœur est de flamme , L'homme ne doit jamais s'exprimer froidement. Mais de vos cruautés je vois la source amère : De peur d'être contraint d'y donner du retour, Souvent de fourberie on accuse l'amour; Et si j'étois aimé, vous me croiriez sincère.
Quand je vous dis , Ces yeux vont droit au cœur, Les Grâces de leurs mains ont formé ce visage, Vous répondez : L'amant est tendre et non flatteur. Eh bien! vous le voulez , je change de langage; Écoutez-moi : Ces yeux ne disent jamais rien , Ce teint fade est semblable à la rose séchée ; Rien ne séduit en vous... Quoi! vous voilà fâchée! Je vous parois grossier!... je le prévoyois bien. Dites-moi donc comment je dois parler pour plaire :
* Cette pièce n'a été publiée par l'auteur que dans la première édition de son Début poétique.
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