AVERTISSEMENT
Il ne me restoit d'autre ressource que de contribuer à la former i. J'en ai détaché ce chant, que je donne aujourd'hui pour tenter le goût du public, trop heureux s'il l'honore de son suffrage.
1 La collection des œuvres de Gessner, mises en vers, parut en 1774- Ce fut le premier exemple donné en France d'une traduction faite par plusieurs auteurs réunis. MM. François de Neufchâteau, Léonard, de Gubières, Blin de Saint-More, de Laurencin , et quelques autres hommes de lettres , fournirent des traductions libres ou des imitations des Idylles. Le poëme de la Mort d'Abel avoit été, à ce qu'il paroît, traduit en entier par M. Marteau, jeune avocat. Gilbert y avoit travaillé de son côté. Les deux traductions furent comparées. On trouva que le tableau de l'innocence et du bonheur des premiers hommes avoit été reproduit avec beaucoup de naturel par le premier de ces poètes, et que le pinceau inégal mais quelquefois mâle et vigoureux du second avoit retracé avec plus d'énergie le premier crime du monde. L'éditeur de la collection retint de M. Marteau le premier, le deuxième, le troisième et le cinquième chant, et adopta le qua-? trième chant de Gilbert. Les traducteurs ayant jugé convenable de couper chaque chant en deux pour soulager le lecteur, le quatrième forme le septième et le huitième.
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