SUR LE VIF CHANT DE LA MORT D'ABEL
La fureur de traduire s'est emparée de nos poètes» On a vu successivement sur notre scène toutes les farces sanglantes qu'enfante le génie anglais; Homère vient d'être une seconde fois travesti; notre langue s'est enrichie des Géorgiques de Virgile ; on va ressusciter Lucain. Pourquoi ne suivrois-je pas la mode? On convient généralement que l'Abel de M. Gessner est un de ces ouvrages qu'on lit toujours avec un nouvel intérêt. J'ai dit: Tentons de le mettre en vers; si le public avoue mes essais, j'achèverai mon entreprise; s'il les rejette, j'aurai du moins la consolation d'avoir indiqué aux favoris des muses un sujet d'exercice. Malheureusement j'avois été prévenu dans mon dessein, et je l'ignorois. La collection des œuvres de M. Gessner, mises envers, doitincessammentparoître.
* Cet avertissement ne se trouve que dans la deuxième édition du Début poétique, où l'auteur fit paroître pour la première fois le septième chant de la Mort d'Abel.