‹ Œuvres complètes de Gringore; (volume 2)Chapitre 187 sur 207 · Nyv. : Avoit mis sus d'hommes maintz millions · texte numérisé non relu

Nyv. : Avoit mis sus d'hommes maintz millions

3i8 Gringore.

Et aux larrons et tirans plains de raiges , Et non à gens qui ont devotz couraiges , Spiritoelz et porteurs de la loy ; • Car par constraincte on ne peult avoir foy. Ainsy voit on que Machomet, follatre Et non saichant , voulut la loy abatre De Jesuchrist et nulle reputer.

Après lûHut sainement disputer > Contre ung mauldict , hereticque, larron , Qui se appelloit Monechelitarum ', Disant que Crist , nostre seigneur et maistre , Comme il voulloitle donner à congnoistre A ung chascun , pour resolution Ne avoir en soy que utie opperation , Et mesmement riens que une voulenté ; Mais luy, estant de l'ennemy tempté , Ensoustenant ses dictz et vitupères.

Par quatre vingtz et dix neuf sainctz pères Fut mis au renc des hommes non saichans.

Philippe fut au nombre des meschans

1 . Ce vers et les deux précédents sont remplacés dans Myrerd par ceux-d :

Et malheureux, voulant la loy abatre De Jésus-Christ , est nul à reputer.

Et que du tout il convient rejecter Son ftirieux mauldit predicament.

Après fallut disputer sagement, etc.

2. Gringore prend là le Pirée pour un nom d*homme. Monothditarum (il faut un t, et non un c, mais la bévue n'en est pas plus grosse) est le génitif pluriel du nom latin de la secte des Monothélites. Sortant comme conséquence des querelles du Nestorianîsme et de l'Eutychianisme , ils reconnoissoient une nature humaine dans le Christ, mais la considéroient comme tellement effacée par sa nature divine qu'elle n'avoit pas d'action propre , et concluoient par suite Qu'il y avoit dans le Christ, non pas deux volontés résultant de ses deux natures, mais une seule.

Le Blazon des Hérétiques. 319

Imperateurs, qui heretîcques furent'.

Durant son temps les catholiques eurent

Beaucoup de peine et excessifiz travaulx ;

Car il vouloit , comme herectiaue faulx ,

Que on ostast ymages de l'église ,

En les boutant pour en faire à sa guyse

Comme en la foy desriglé dissolust*.

Et à Grégoire aussi Léon ? voulust

Expressément commander telz oultrages

Qu'il fist destruire ou brusler les ymages ,

Sans en laisser en l'esglise ou palays.

Grégoire dist : «Sont les livres de lays.

Et simples gens [qui] n'ont la congnoissance

Oessamctz espentz4)), résistant par puissance

Contre Léon commandant l'opposite.

Lors le pouvoir de l'empire introduicte

En hérésie on abatit alors

Par vrays crestiens , qui firent leurs cfFortz

A résister contre leurs hérésies ,

Faisant cesser maulvaises fantasies ;

Car à bout vint de son intention

Contre hérésie , et vénération J

De ymages est comme du passé faicte ;

Par icelluy d'hereticques la secte

Fut, en consille, à Romme condampnée

Avec Léon et excommuniée.

I . Philippicus, ou plutôt Filepicus Bardanes, fut empereur d'Orient de 711 à ^13.

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