Et qu'ils disent
5. Ne doit-on pas tire accoustrer, orner. Accoustumen donne en effet un pied de trop; ilSse comprend d'ailleurs : ils inventent ces prétextes, afin de n'avoir aucune raison ponr combattre leurs habitudes. , .
6. Piétaille signifie habituellement infanterie, populace ; il paroît ici être pris pour pied.
a, Jacobt, V : AHte omnia auUm, fratres mei, noliu jurare neque per celum, nequt per terrant^ neque atiud quodcamque juramenium , ut non sub judicio deciaatis,
b, Seneca : Sepe in auctorem scelera redierunt sua. Idem : Malum <onsilium consultori ptssimum.
Jambes, ne bras, qu'ilz ne fussent percez Par telz gallans. Qui tel conseil leur baille Est mys au ranc des damnez insensez.
O gens despitz, félons, blasphémateurs, Jureurs, menteurs, en péché oostinez, De nostre foy estes persécuteurs , ^ Folz détracteurs, de vices protecteurs , Faulx inventeurs, en jurant vous damnez''!
Trop mesprenez, Jesu Christ indignez Et répugnez ; droit veult qu'on vous punisse Se ne craignez sa divine justice.
De voz langues la chair luy trespercez, Trop Poifensez, helas ! et il Pendure; Voyez son corps et ses membres lassez ^, Rompuz, cassez, fouliez et oppressez; Songez, pensez à vostre grant laidure.
Peine dure seuffre cjui Dieu parjure, Trop d'injure lui faictes en jurant :
Gens sans raison vont tousjours murmurant.
Le Filz crie à son Père vengeance Comme en trance , le Père luy acorde.
Le Sainct Ësperit est de leur aliance; Leur sentence veuUent en diligence ^ PourPoffencegetter. Qu'on s'en recorde, La Discorde ■ est par Miséricorde,
I. Ce mot, appelé par les nécessités de la rime batelée, est pris peut-être dans le sens général de souffrance, depu-
a, Ecclesiast, III : Cor durum maU habebit innovissimo,
b, Hebreo, VII : Rursum cntcifigentes sibimetipsis fiUam Dit, et ostentui kabentes.
c, Ecclesiast., Vlll : Quàd non profertur cita contra malos stnttntia, absqut timoré, fiUi hominum perpétrant mala.
Les folles Entreprises. ij)
Qui concorde avec Foy, retardée; Par juremens la Foy est mal gardée.
De ceux qui vont en voyages aux f estes,
Foy enduroit ces peines et molestes Paciemment, comme doulce et bénigne ; Mais contre elle gens mal gardans les festes ' Prenoientargu, blasmant sa discipline.
Quant ilz dévoient servir l'essence Trine ', Ilz s'esbastoient à tous jeuz dissoluz, ^
Bition» de maL Ce passage, comme beaucoup d'autres dans Gringore et lés poètes ses contemporains, peut s'interpréter de différentes façons, l'absence de ponctuation donnant toute latitude à l'esprit du lecteur, et jeunt de l'obscurité dans la disposition et la coupe de divers membres de la phrase. La difficulté existe surtout dans les vers équivoaués et batelés, le besoin d'un grand nombre de rimes semblables obliffeant le poète à employer des mots d'un sens vaeue ou forcé , et à leur donner une signification différente de leur si^^mfication ordinaire. Ces vers voudroien» donc dire que la peine {la discorde) décrétée par la Trinité, en punition du mal causé par le blasphème, est retardée par la Miséricorde, sœur de la Foy; mais qu'on ne l'oublie pas, toutes deux sont insultées et irritées par les blasphèmes. Peut-être aussi le poète entre-t-il dans un ordre a'idées différent de celui qui commence le huitain, et ces derniers vers signifieroient que la Charité {miséricorde) ^ sœur de Foy, met obtucle aux querelles (la discorde)^ tandis que les juremens, ennemis de Foy , les font naître. Le premier texte donne qu concorde; nous avons lu qui concorde, mais peut-être est-ce une lisrate d'impression qui a amené le ^ , et faut-il lire ou concorde; nous aurions alors une phrase qui ressembleroit anz idi^ de M. de la Palisse : la discorde est retardée par la concorde, aidée de la miséricorde et de la foi.