‹ Œuvres complètes de Gringore; (volume 2)Chapitre 97 sur 207 · I. Là Trinité · texte numérisé non relu

I. Là Trinité

a. ExodL XX : Mémento ut diem Sabbati sanctifiées.

iî4 Gringore.

Et delaissoient saincte Eglise en ruyne , Ainsi estoient tous par péchez polluz.

En lieu d'ouyr matines, ilz estoient " Dedens leurs litzoùprenoient leursplaisances**; Atouchemens deshonnestes faisoient.

Car le Dyable faisoit leurs aliances ; A leur lever pensoient à leurs bobances.

En s'abillant disoient gouUiars ^ motz; Quant estoient prestz, cerchoient jeux, esbatz, AÎîin d'avoir parmy les mondains loz. [dances,

Pour les cloches avoient sons de tabours* ; Pour Teaue benoiste, de vins * d'estrange guise ; Pour pain benoist, pastez, tartres en fours, Et pour autelz parez, la nappe mise; Pour le corps Crist, chairs d'estrange devise 3,

I. Dans son sens ordinaire ce mot signifie gourmand, glouton; ici les gouUiars mots indiqueroient les arrange* mens pris, les ordres donnés pour un déjeuner délicat. Je crois pourtant qu'il faut prendre mots gouUiars dans le sens étendu (^ue Rabelais donne à mots de gueuUe, et y voir la significauon de paroles libertines. GoUars désignoit dès le xiii* siècle rhomme qui s'abandonnoit non-seulement à la gloutonnerie, mais aussi à toute débauche :

Jadis ot un clerc en Egypte Que Von apeloit Loiche Frite; As deliz dou mont s'amhatoit , Dou main jusque à soir s*an aloit As tavernes j cil goliars, etc.

(Mst. de la B. imp , Fonds Lavallière, 8^, fol. 87, de Un larron clerc, 1. Des vins.

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