‹ Œuvres complètes de Gringore (volume 3)Chapitre 100 sur 208 · Et qu'ils disent · texte numérisé non relu

Et qu'ils disent

j. Ne doit-on pas lire accoustrer, orner. Accoustumen donne en eflPetun pied de trop; il se comprend d'ailleurs : ils inventent ces prétextes, afin de n'avoir aucune raison pour combattre leurs habitudes.

6. Piétaille signifie habituellement infanterie, populace; il parolt ici être pris pour pied.

<r. Jacobi, V : Ante omnia autem, fratres mei, noliu jurare ntque per celum, ntqut per ierram, neque aliud quoicumque juramentum , ut non sub judicio deciaatis.

b. Seneca : Sept in auctortm sceUra redicrunt sua. Idem : Malum consilium consultori ptssimum, •

IJl Gringore.

Jambes, ne bras, qu'iiz ne fussent percez Par telz gallans. Qui tel conseil leur baille Est mys au ranc des damnez insensez.

O gens despitz, félons, blasphémateurs, Jureurs, menteurs, en péché obstinez, De nostre foy estes persécuteurs , Folz détracteurs, de vices protecteurs, Faubc inventeurs, en jurant vous damnez «!

Tropmesprenez, Jesu Christ indignez Et répugnez ; droit veult qu'on vous punisse Se ne craignez sa divine justice.

De voz langues la chair luy trespercez, Trop Poffensez, helas ! et il l'endure; Voyez son corps et ses membres lassez *, Rompuz, cassez, fouliez et oppressez; Songez, pensez à vostre grant laidure.

Peine dure seuffre qui Dieu parjure, Trop d'injure lui faictes en jurant :

Gens sans raison vont tousjours murmurant.

Le Filz crie à son Père vengeance Comme en trance , le Père luy acorde, Le Sainct Esperit est de leur aliance; Leur sentence veuUenfen diligence ^ Pour l'offence getter. .Qu'on s'en recorde , La Discorde ■ est par Miséricorde,

I. Ce mot, appelé par les nécessités de la rime batelée, est pris peut-être dans le sens général de souffrance, depu«-

a. Ecclesiast., III : Cor durum maU habebit in nofissimo.

b. Hebreo, VII : Rursum cruciftgentes sibinutipsis filium Dû, et ostentui habentes.

c. Ecclesiast., VIII : Quàd non profertur cita contra mahs sententta, absqu^ timoré, filii hominum perpétrant mfila.

Les folles Entreprises. ij^

Qui concorde avec Foy, retardée; Par juremens la Foy est mal gardée.

De ceux qui vont en voyages aux f estes,

Foy enduroit ces peines et molestes Paciemment , comme doulce et bénigne ; Mais contre elle gens mal gardans les festes ^ Prenoient argu, blasmant sa discipline.

Quant ilz dévoient servir l'essence Trine ', Ilz s'esbastoient à tous jeuz dissoluz,

mtion, de mal. Ce passage, comme beaucoup d'autres dans Gringore et les pDêtes ses contemporains, peut s'interpréter de différentes façons, l'absence de ponctuation donnant toute latitude à l'esprit du lecteur, et jeunt de l'obscurité dans la disposition et la coupe de diven membres de la phrase. La difficulté existe surtout dans les vers équivooués et batelés, le besoin d'un grand nombre de rimes semblables obligeant le poète à employer des mots d'un sens vamie ou forcé, et à leur donner une signification différente de leur si^mfication ordinaire. Ces vers voudroient donc dire que la peine {la discorde) décrétée par la Trinité, en punition du mal causé par le blasphème, est retardée par la Miséricorde, soeur de la Foy; mais qu'on ne l'oublie pas, toutes deux sont insultées et irritées par les blasphèmes. Peut-être aussi le poète entre-t-il dans un ordre a'idées différent de celui qui commence le huiuin, et ces derniers vers signifieroient que la Charité {misiricorde), sœur de Foy, met obsude aux querelles {la discorde), tandis que les juremens, ennemis de Foy , les font naître. Le premier texte donne ^ ii concorde; nous avons lu qui concorde, mais peut-être est-ce une fiiute d'impression qui a amené le q, et fout-il lire ou concorde; nous aurions alors une phrase qui ressembleroit aux adages de M. de la Palisse : la discorde est reurdée par la concorde, aidée de la miséricorde et de la foi.

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