I. U Tnnité
a. Exodi. XX : Mémento ut diem Sabbati sanctifices.
134 Gringore.
Et delaissoient saincte. Eglise en ruyne, Ainsi estoient tous par péchez polluz.
En Heu d'ouyr matines, ilz estoient Dedens leurs litz où prenoient leurs plaisances «; Atouchemens deshonnestes faisoient, Car le Dyable faisoit leurs aliances ; A leur lever pensoîent à leurs bobances, En s'abillant disoient gouUiars * motz; Quant estoient prestz, cerchoient ieux, esbatz, AÎSn d'avoir parmy les mondains loz. [dances,
Pour les cloches avoient sons detabours^; Pour l'eaue benoiste, de vins * d'estrange guise ; Pour pain benoist, pastez, tartres en fours, Et pour autelz parez, la nappe mise; Pour le corps Crist, chairs d'estrange devise ^
1. Dans son sens ordinaire ce mot signifie gourmand, glouton; ici les gouiliars mots indiqueroient les arrangemens pris^ les ordres donnés pour un déjeuner délicat. Je crois pourtant qu'il faut prendre mots gouillars dans le sens étendu que Rabelais donne à mots de gueuUe, et y voir la signification de paroles libertines. Goliars désignoit dès le xiu* siècle l'homme qui s'abandonnoit non-seulement à la gloutonnerie, mais aussi à toute débauche :
Jadis ot un clerc en Egypte Que Von apeloit Loiche Frite; AS deliz aou mont s'ambatoit , Dou main jusque à soirs'an aloit As tavernes, cil goliars , etc,
(Mst. de la B. imp , Fonds Lavallière, 8^, fol. 87, de Un larron clerc.