‹ Œuvres complètes de Gringore (volume 3)Chapitre 142 sur 208 · Pris id dans le sens neutre , envoyé · texte numérisé non relu

Pris id dans le sens neutre , envoyé

Sottie. 217

Le Prince.

J'ay veu des choses merveîUables En mon temps.

Le Premier.

Tresredoubté Prince , Qui entretenez la province Des Sotz en paix et en silence, Voz Suppostz vous font révérence.

Le Deuxiesme.

Vecy voz subgectz, voz vassauUy Délibérez de vous complaire, Et à qui que en vueille desplaire Au jourd'nuy diront motz nouveaûlx.

Voz princes , seigneurs et vassaulx Ont fait une grande assemblée; Pourveu qu'elle ne soit troublée A les veoir vous prendrez souUas.

Le Premier.

Voz prelatz ne sont point ingratz , Quelque chose qu'on en babulè ; llz ont fait durant les Jours gras Bancquetz , bignetz et telz fatras Aux mignonnes de ceste ville.

Le Prince de Nates. |

Où est l'abbé de la Courtille ? 1

Qu'il vienne sur peine d'amende.

Gayecté.

Je cuyde qu'il est au concilie'.

I . AUittioii ftu concile que le pape Jules II venoit de coavo-

aiS Gringore.

Le Troisiesme.

Peult estre ; car il est habiUe Respondre à ce qu'on luy demande.

l'Abbé de Plate, Bource.

Je vueil bien que chascun entende , Et qui vouldra courcer s'en cource , Que tiens la Courtiile en cmnmande.

Le Yroisiesme.

Le corps bieu , c'est autre viande.

l'Abbé de Plate Bource.

Au moins les deniers en embource.

Je suis abbé de Plate Bource Et de la Courtiile.

' Le Premier.

Nota. ' l'Abbé de Plate Bource. >

Je courus plus tost que la cource En poste.

Le Prince. , Raison pourquoy?

l'Abbé de Piatê Bource.

Pource Tel n'est mort qui ressuscita».

ouer. Ce condie , connu dans l'Église 5011s le nom de concile de Latran, dix-huitième œcuménique, devdt déplaire à Louis XII ; il prévoyoit que cette assemblée aiinùleroit les actes du pseudo-concile de Pise, que cina cardinaux, ennemis de Jules II, venoient d'ouvrir, à l'instigation du roi de France.

I. Sans doute, tel bénéficier est à peine mort qu'il ressuscite, par allusion à la promptitude avec laquelle on pour-

'vmt un bénéfice dès les premiers instans de U vacance.

Sottie. 219

Gayecté.

Et où est Frevaulx ?

yABBÉ DE Frevaulx.

Me vella; -' Par devant vous vueil comparestre.

J'ay despendu , notez cela, Et mengé par cy et par là Tout le revenu ae mon cloistre.

Le Prince.

Vozmoyues.? .

l'Abbé.

Et ilz doivent estre Par les champs pour se pourchasser.

Bien souvent quant cuident repaistre , Hz ne sçayvent les dens où mettre , Et sans soupper s'en vont coucher.

Gayecté.

Et sainct Lîger» nostre amy cher, Veuh il laisser ses prelatz dignes?

Le Deuxiesme.

Quelque part va le temps passer^ .. .

Car mieulx se congnoist àchassçr Qu'il ne fait à dire matines.

Le Troisiesme.

Vos prelatz font ung tas de mynes Ainsi que moynes reguUiers; Mais souvent dessouoz lés courtines Ont créatures femynines En lieu. d'heures et de psaultiers.

Le Premier.

Tant de prelatz irreguliers!

Le Deuxiesme.

Mais tant de moynes apostau!

Le Troisiesme.

L'Eglise a de maulvais piiliers !

Le Premier.

Il Y a ung grant tas d'asniers Qui ont bénéfices à tas.

La Sotte Commune ».

Par Dieu , je ne m'en tairay pas !

Je voy que chascun se desrune' !

On descrye florins et ducatz.

J'en parleray, cela répugne.

Le Prince. Qui parle î

Gayecté.

La Sotte Commune.

La Sotte Commune.

Et que ay je à faire de la guerre , Ne que à la chaire de saina Pierre Soit assis ung fol ou ung saige?

Que m'en chault il se l'Eglise erre, Mais que paix soit en ceste terre ?

Jamais il ne vint bien d'oultraige.

Je suis asseur en mon village; Quant je vueil je souppe et desjeune !

Le Prince.

Qui parle?

Le premier Sot.

La Sotte Commune.

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