‹ Œuvres complètes de Gringore (volume 3)Chapitre 150 sur 208 · L'honneur, les vertus chevaleresques · texte numérisé non relu

L'honneur, les vertus chevaleresques

248 Gringore.

Peuple François.

Tout ton povoir est suffocqué.

Pense que Dieu te veult pugnir.

Peuple Ytalique.

Peuple François , tu m'as picqué ;

Sans qu'il en soit plus répliqué ,

Redoubte le temps advenir.

L'Homme Obstiné commence.

Mais que est cecy ? D'où me peult il venir D'estre pervers , et ne vouloir tenir Compte de Dieu, ne d'homme, ne de dyable?

Je ne me puis de mal faire abstenir.

Ma promesse ne vueil entretenir ; Ainsi que ung Grec suis menteur détestable, Comme la mer inconstant , variable; Luna regnoit l'heure que je fuz né , Je suis, ainsi que ung Genevoys Straictable.

Regardez moy, je suis l'Homme Obstiné.

Je ne vueil droict ne raison soustenir; Les innocens prens plaisir à pugnir ; Brief , je commetz maint péché exécrable.

D'avecques moy saincteté vueil bannyr, A symonye me joindre et me honmr.

De mon ame ne suis point pitoyable ; Il m'est advis que je suis permanable.

En ce monde maint mal ay machiné ; De tous humains suis le plus redoubtable.

Regardez moy, je suis l'Homme Obstiné.

Pillars, pendars, menteurs, vueil retenir, Avec larrons me allier et tenir :

Ma promesse leur est irrévocable.

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