Une moisson que la Discorde vient cueillir
a. Psalm., LXI : Ore suo benedicebant it corde suo maUdicebant,
b. Virgitius : Nusquam tuta fidês.
c. Virgilius : Sors omnia versât.
^6 Gringore.
Les plus grans fait servir par folle attente '^. Vulcanus fond , Mars sans cesser martelle, Et Midas met leurs ouvraiges en vente; Clotho les prent , Lachesis les présente A Atropos , et sont revisitez Par preux hardiz , en la guerre usitez , Qui les livrent à gens de moyenne aage , Les desirans plus qu'amoureux le Moy ; Et ne craignent en soleil ou umbraîge , -Ung Dieu, ung Roy, une Foy, une Loy ».
Quant Neptunus met sur mer sa nacelle, Que Boreas de subit soufflet vente, Et que Pluto les autres dieux-precelle , Guerre monstre sa queue de serpente*; Se Palas n'est pour Veure diligente De résister à leurs ferocitez :
Hz font trembler palais royaulx , citez , En Pair causent frimas , escler, oraige ; Lors les soudars, qui mainent leur arroy,
I . La pensée de cet unzain ne manque pas d^énergie; elle est obscurément rendue : Vulcain et Mars font sans cesse des armes de guerre; ils les présentent aux Parques , qui y attachent sans doute leur particulière bénédiction; Midas, Tamour de Tor, les met en vente sur la terre. Ici les dieux disparoissent. Les v^ux gendarmes essayent les armures et les livrent, si elles sont solides, aux jeunes gens, qui les désirent plus qu'amoureux ne désirent le May,ttc, Cet imbroglio nous indique Pavenir de la littérature mythologique; il est le commencement des obscurités et des étrangetés que le commerce des poètes avec les dieux de TOlympe va jeter dans la littérature des siècles suivans.
a, Aristoteles, i/i Politicis : Pluralitas principatuum mata, unus er^o princeps.
b. Virgilius : ... Bella manu, lethumque gero
Sévit amorferri et scelerata insania belli.
Les folles Entreprises. ^7
Ne prisent riens , tant sont rempliz de raige , Ung Dieu, ung Roy, une Foy, une Loy.
Prins ce ' , seigneurs , ne soyez irritez Se peine avez, car vous le méritez :
Tous malfaicteurs se mettent en servaige' ; Force leur est de recevoir chastoy, Quant s'efforcent despriser par oultraige Ung Dieu, ung Roy, une Foy, une Loy.
I . Notons cette dérogation au Prince classique qui commence ordinairement dans les Chants Royaux et les Ballades communes. Gringore a trouvé joyeux de remplacer par un calembour cette invocation , qui n'avoit pas grand sens en dehors des Puys d'Amours.
a. Il Pétri, Il * : Qui fecit peccatum senas est peccâti, à quo enim qui superatus est hujus et senus est,
* E^istola Beati Pétri Apostoli seconda , ver. 19 ; Cum ipsi servi smt comiptionis, à quo enim quis, etc.
Fin du chant royal.