‹ Œuvres complètes de Gringore (volume 3)Chapitre 40 sur 208 · Le Parlement · texte numérisé non relu

Le Parlement

a, Ecclesiast., XXXIl : Sine consilio nichilfacias et post factum non penitebis,

b. Juven. : Expectata diu tandem provincia ciim te

kectorem accipiet, pone irefrena, modumque pone avaricie.

Sans port', faveur, promesses, dons,necrainte^ Toutes vertus sont en elle complettes Quant ne seuffire vraye justice estre enfrainte «.

Et a regard sur tout le temporel ; Scntencier peult l'esperîtuel Et mettre ordre aux presens et absens > ; Nous avons veu le cas advenir tel, Dens le palais qui est royal hostel, Où estoient gens par milliers et par cens.

Gens aumussez n'avoient cure ae sens Et toutesfois la Court, de son office, Y ordonna si tresbonne justice Qu'ilz eurent sens en despit de leurs dens , Car gens sans sens peulent commettre maint En l'Eglise sens est tousjours propice, [vice ; Sans sens viennent dangereux accidens.

1. Sans doute i>ort, apport d'argent; ou port, support des méchans, favoritisme, partialité; peut-être faut-il lire paor.

2. Nous n'avons pu retrouver sûrement le fait, l'événe* ment auquel il est fait allusion dans ce passage, vague d'ailleurs quant au sens et à la date. L'histoire de l'Université et les recueils d'arrêts du Parlement ne nous ont fourni aucune indication certaine. Nous voyons le Parlement intervenir activement dans les affaires du clergé en trois occasions importantes : vers 1480, lors de la résurrection de la querelle des Réalistes et des Nominaux ; au commencement du régne de Louis XII, lors de la rébellion de l'Université; au commencement du XVI* siècle, au sujet de la réfqrme de l'Hôtel- Dieu. Notre poète fait-il allusion à quelques détails de ces discussions P cela est possible; mais il est possible aussi, nous l'avouons , qu'il s'agisse de tout autre cas d'immixtion du Parlement dans les affaires spirituelles.

a. Hesiodus : Tu, judex, causa malorum, jus coU, in alterias te nulla pecunia vertat damna.

Les folles Entreprises. 47

La description de Procès et de sa figure,

r advint il que mon esprit tresrude Se reposa en délaissant l'estude , Et s'endormit quasi tout fantastique ; '; Lors en dormant vit une beste inique ' Portant face de cince ou de cingesse, Dens de lion et oreilles d'anesse y Cornes agues en façon de toreau , Cuisses trappes % enflées comme ung porceau, Corps de lévrier, et la queue de renara , Le poil de bouc , ayant ung fier reeard ^, Jambes et piedz en façon d'un cert.

Quant mon esprit la vît il n'avoit ^ nerf Qui ne tendist , car elle devoroit Papes, roys , ducz, Tous Estatz 5 entouroit Comme nobles, citoyens, marchans Gens de mestier et laboureux des champs ^ Preux gendarmes, saiges, sotz, hommes,

femmes Il engorgoit , comme sucre par drames , A la mesure que ^ telz gens molestoit La queue levoit , espices s fientoit

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