‹ Œuvres complètes de Gringore (volume 3)Chapitre 74 sur 208 · Ruse, prudence mondaine · texte numérisé non relu

Ruse, prudence mondaine

2. Les nécessités de la rime batelée augmentent ici encore le défaut général de Gringore, une concision excessive qui ne tient pas toujours compte de la syntaxe; le sens des vers pf écédents est évidemment celui-ci : on reconnott pourquoi les sujets se sont mis en un état de révolte furieuse contre leurs princes; car, par hardiesse entremêlée, etc.

a, Therentitts : Vtrum est quod vulgo dici soUt : Omnes sibi malle melius quant alteri.

b, Jeremie, V : Itnenti sunt in populo meo impii insiliantes quasi aaeupes iaqueos ponentes a peàiios ad tapiendos vins.

96 Gringore.

Mettre enestuys' biens des mondains destruitz, Esbahy suis , pensant à votre affaire ; Le populaire voyez crier et braire Sans satisfaire à ses cris, à ses plains :

Saiges n'ont rien , et sotz sont de tiens plains *» .

A forte main possession prenez Des dignitez; par trop entreprenez Quant guerroyez pour l'estat del'Ëglise.

Petitz enfans qui sont à peine nez Et ne sçauroyent quasi moucher leur nez ; Ont eveschez, dignitez, c'est la guyse * ; Abbayes, cures, prieurez, par taintise Sont Daillées, affin que l'entendez, A des joueurs de cartes ou de dez Estudiant ce mestier voulentiers^; Et leur suffist d'estre bien prebenaez Sans dire Messe, Heures, Vespres, Psaultiers.

Tant engloutir de dignitez à tas Et gouverner gens de plusieurs estatz Possible n'est que justement se face ; Mais voulez vous, messieurs les prelatz, Que le fleuve Jourdain , sans estre las.

Se absorbe en vous, par vostre gorge passe P De quoy vous sert trésor en une masse , Qui deust estre aux povres gens donné ?

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