Dirige
2. Qu'ils souffrent ainsi; peut-être faut-il comprendre : dévorés par les intérêts, par Tusure, ou douloureusement économes , enterrés , appesantis par leurs souffrances plus lourdement encore ? En tout cas, ce mot n'est pas fréquemment employé à cette époque. En présence de cti termes, sinon absolument nouveaux, du moins détournés de leur sens ordinaire par le caprice de l'auteur, il faut se rapi>eler la grande msnè queprenoient les poètes d'alors, et Gringore,
a. Roma., XIII : Qui diligit proximum legem mplevit; pleniiudo ergo legis esîaiUctio.
b. I Joh., m : Qui habuerit substantiam hujus mundi, et vident fratrem suum necesse habere, et clauserit yiscera sua ab eo, quomodo charitas Dei manet in eo.
c. Math., VI : Non potestis Deo servire et mammone.
Les folles Entreprises. 125
Comme Richesse lya Foy à une aiache, et comme
plusieurs la navrent et blessent^ mais
Charité la soustient.
Richesse adonc, coursée et despitée, Oultrecuydée, insensée, irritée, Empongna Foy fondée en Charité, Et sans pitié , amour, ny équité, La fist lier soudain à une atache ^ Comme celle qui à martirer tasche Lesgens prudens preschans Saincte Escriptuf e . Ainsi liée, vindrent gens sans droicture Qui l'oultragèrent, navrèrent et blessèrent, Comme morte quasi la délaissèrent; Mais Charité tousjours la soustenoit ; Et Richesse rudement reprenoit Qui luy faisoit endurer maubc à tas.
Là survindrent gens de plusieurs estatz Voulans dire que Foy, qu'on dit si forte, Sans oeuvres est adnichilée et morte; Et qui soit vray » par cecy prouvé est :
Fides sine operibus mortua est K Au contraire, la vérité est telle ,
plus que les autres, dans la recherche et IHuYcntion des vocables nouveaux. LHnvasion violente du latin avoit troublé la vieille langue, et la repoussoit vers la barbarie* en même temps, l'influence de l'école savante des Crétin et des Molinct renaoit la rime toute puissante, et le rhithme beaucoup plus respectable que la grammaire. Ces raisons, jointes à l'excès de concision que nous avons signalé , sont l'explication de la plupart des obscurités de notre poète.