Et que cela soit vrai, c'est prouvé par ceci
a. Proverb., XI II : Ambulans recto itinere et timens Deum despicitur ab eo qui infami graditur via,
b, Jacob, II : Sicut corpus sine spiritu mortuum est, ita fides sine operibus mortua est.
126 Grincore.
Que la Foy est des vertus la plus belle ,
Pourveu qu'el soit en Charité fondée * .
L'Escripture soit sur ce regardée
Et en voz cueurs imprimez ce nota :
Fides in caràaU fundata
Est vlrtutun virtuSy parquoy
Il est re(]uis tousjours de fonder Fov
En Chanté , ou autrement n'est nulle.
Mais toutesfois , sans que plus dissimule
A relater la peine et les travaulx
Que gens pervers , dangereux , traistres, faulx«
Firent à Foy en différentes guyses'»,
Racomptaray leurs foUes entreprises .
Des Herèses, et amtmentik font dérision de ta Foy.
Manîcheus » vînt pour Foy oultrager, En soustenant que sur les terriens
1. Gringore nous semble ici un théologien fort empêché; il parott avoir gardé quelque vag[ue souvenir de éiscussion scholastique, dont il se hâte de faire exhibition sans l'avoir bien comprise. Ses docteurs se sont mooués de lui. Il indique, en effet , comme contraires et devant être distinguées, deux choses semhUhles, Fides tum operibus, et Fides €um chthivl«te; c'«st la oième Foi. L'Église reconnoît seulement deux flortes de Foi : la Foi vive, celle qui est animée par la Charité; la Foi morte, celle qui est sans la charité, c'est-à-dire^ comme renseigne saint Augustin, si mm babeat c^era, si aile n*est pas accompagnée des bonnes œuvres.
2. Grince veut sans doute dire Manès, chef des Manichéens, qui souteooit en effet qu'il y a deux principes égaux, l'un bon, l'autre mauvais; parmi les partisans et œuvnes de ce denrîer,ii range 4es Prophètes de PAncienne i.oi et l'Ancienne Loi elle-même. Fin du ui* siècle.
a. Il Tbimot., lU : Omaes quipit vûlimt vivere in Christo Jestt persecutionem patiuntur.
Deux dieux estoyent; pour le cas abréger, L'un dîsoit bon, l'autre ne raDoit riens*.
Arrianus » avec ses Arriens Disoit Jésus estre moindre personne Que son Père. Sa raison n'esloît bonne; Atanaise » luy remonstra sa faulte Comme à cenuy qui hors de raison saulte.
Puis ancunz Grecz errèrent en ce lieu :
Le Sainct Esperitne confessèrent Dieu', Mais soustenoient qu'il estoit créature*.
Sabellius4 erra contre droicture :
Trois personnes il voulut alléguer Assemt>lement et sans les distinguer.
Pareillement Juife, Sarrazins, Payens, Blasmèrent Foy par differens moyens, En desprisant ses articles notables; Mais les devotz, saiges, discretz Crestiens, Les mirent sus par beaulx ditz et notables.
1 . U niolt la divinité de Jésafr-C^ist; U fut condaaiiiè par le premier concile œcuménique, à Nicée, 325.
2. £véque d'Alexandrie, }26; il fut en effet toute sa vie en lutte contre les Ariens et les finsebieiis , et persécuté pareuL
3 . Le principal point de dissidence dogmatique du scfaisaM Grec, IX' siècle, est en effet cette invention de Photins : que le Saiiit-£i^rit ne procède pas du Père et du Fils.
4. Sabellius, vers 350, nie la distinction des ink personnes en Dieu.
4t. Bœtius contra Masicheum : Uaiu mm rtrum est paitfp iMtts ciMctû tninistrans,
b. Prime Johannis VI contra Grecos : Très suBt ^ui tatimmium dont m ctlo, Pater, Verbum a SpirUus Sanctus, 4t ht très m uaum.
De l'erreur Jacobite et Nicolaùe
Lors 3'esmeurent aucuns Nicolaïtes ' Qui voulurent Foy destruire et corabatre '', Puis survindrent un tas de Jacobites»
Qui estoient prestz encontre elle debatre.
Bien tost après , pour toute erreur abatre ; Furent commis aucuns Frères Prescheurs ?, Discretz docteurs qui furent empescheurs Que on ne oultrageast Foy, nostre sauvegarde. Pour confondre erronicques erreurs , La Foy, la Loy4 leur fut baillée en garde J.
Sorciers, sorcières, devins, devineresses, Folz enchanteurs, folles enchanteresses, Marcionistes^, Juifz, Payens, Sarrazins, Turcs, Tartarins luy firent trop d'oppressés; Paciamment enduroit les angoisses
1. Disciples de Nicolas, diacre d'Antioche^ qui prétendoit que tout oevoit être commun entre les Chrétiens, même les femmes (premier siècle). Au commencement du xv% Picard prêcha cette doctrine, qui s'étendit des Pays-Bas jusqu'en Bohême, où elle fut détruite en 1420.
2. Disciples de Jacques Barduc Zanzale, qui attaqua la doarine catholique sur le baptême (vi* siècle).