imp. : Eveas
2. Enea Sylvio Picoolomini, pape, sous le nom de Pie II, de 1459 ^ 1464.
}» Voici le passage de Sylvius, qui est en effet dass la quatre-vingt-quatorzième lettre : Cancellarius scribit mihi ex Constantia nullam spem esse concordiae cum Suicensibus : nam sup^bi natura homines non se Justitiae cooi>tant, sea ipsam sibi Justitiam famulari volunt, justum^ue id putant quod eorum phantasticis est conforme capitibus, a bene-
}^2 Gringore.
Suysses ingratz sont et plains d'avarice ; Joindre, adapter ne veullent à Justice, Mais désirent la tenir comme senre, La desprisant et blasmant son office.
Et, si quelqu'un contre iceulx objice, Hz veullent bien que Justice leur serve.
Moins sont piteulx que n'est la loupe cerve Eschauffée dedans le boys ramaige :
L'ouvrier souvent est congneu à l'ouvraige.
C'est grant orgueil à telz bellicateurs De se dire des Princes correcteurs ; Car ignars sont et sans clericature ; llz se devroient nommer explorateurs, Tirans, pervers, de biens d'aultruy rapteurs ; Fiers, merveilleux ilz sont de leur nature; Ce sont bestes qui charchent leur pasture Sur Roys, Princes, Bourgoys et Populaire : A gens ingratz il n'appartient salaire.
Gens eshontez, plains d'orgueil et foUye, Par trop avez rançonné Itallye, Pillé MiUan sans droict et sans raison, Et vous semble que France demolye Sera par vous et de tout abolye.
(^ue, inquit Comictu, homine imperito nihil quidquam injostius est, qui nihil rectum putat nisi quod ipsé fécit. i
(Ed. des lettres, Nuremberg, Ant. Koberger, i486, in-4, f* 7 verso. Dans les œuvres, Bâle, Henricus Pétri, in-f», éd. 1551 et 1571, p. 582.) On a vu avec quelle exactitude Gringore vient de traduire la première partie de la phrase de Sylvius ; il a fait sa sixième strophe avec le reste, en prononçant à juste titre le nom de Térence, car la citation de Sylvius reproduit avec quelques changements les vers 99 et 100 des Adelphes,
*L'Obstination des Suysses. 353
Sans cogiter < que faictez mesprison, Vous ne faictes envers Dieu oraison, Mais vous semble qu'il soit subject à vous :
Riens pire ne est que les obstinez foulz.
Vostre vouloir est indiscret, muable, Riens ne jugez juste ne raisonnable Et desprisez gens doctes, scientifiques >; Vous ne croyez, comme gens mal traictables, Que ce qui est confermé sans notables ; Avez testes folles et fantastiques; Le droict chemin laissez, et voyes obliques Voulez suy vre ; trop tenez de la lune :
Tous ' hommes sont en dangier de Fortune.
Par trop allez vostre orgueil eslevant ; Car Thérence le soustient en prouvant (^u'il ne est homme plus injuste de faict Que cil qui est ignare, non sçavant.
Et luy semble, soit derrière ou devant, Qu'il n'y a riens bien faict s'il ne l'a faict; Suysses, Suysses, congnoissez le forfaict Que commectés faisant à autruy guerre :
A ung mouton n'est requis cinq piedz querre^.