Nam si natura juberet
A certis annis STum remeare peractnm, Atque alios légère ad fastum quoscumque parentes ; Optaret sibi quisque ; mais contentus , honestos Fascibus et sellis nolim mlhi sumere... {Sat, ti, liv. I, v. 93.)
dans les champs qu'on néglige. Les natures les plus rebelles s'améliorent par réducation'. » Aussi voyez-le chaque matin quand il se promène, ou le soir, quand il se met au lit, se demander si la journée a été bonne, s'il n'a pas de mauvaise action, de mauvaise pensée à se reprocher, si ses amis sont contents de lui, s*il est content de lui-même. Il prend des notes sur sa conduite : il consigne sur ses tablettes l'emploi du jour avec un blâme ou un éloge. Ne diriez-vous pas Franklin avec ce tableau si correctement dressé des treize vertus qui composent la perfection morale, et ces petites croix dont il marquait soigneusement celles qu'il avait violées pendant la semaine, pour mieux les observer à TavenlrM Sans doute Horace, malgré son examen quotidien de conscience, comme Franklin, malgré son tableau, commit souvent dans sa conduite ce que le jeune imprimeur de Boston appelait des errata. Les œuvres d'Horace sont pleines d'aveux qui ont dû coûter à sa franchise, surtout en ce qui touche la tempérance', qu'assurément il ne place pas, comme Franklin, au premier rang des vertus, et en ce qui touche la chasteté, qu'il met franchement au dernier. Mais enfin, à ses yeux, l'amour était une faiblesse, et non une vertu , selon la recommandation de Boileau ; aussi Horace a-t-il mérité l'honneur d'être exclu de la bibliothèque qu'Ovide, dans Y Art cCaimery a composée pour les femmes. C'était faiblesse permise , un passe-temps véniel, excusable chez le sage, qui songe à la brièveté de la vie. Horace confesse toutes ses rechutes avec un abandon
1 . Neglectis urenda filix innascitur agris. . . . Nemo adeo feras est ut non mitescere posait, Si modo cnlturae patientem commodet aurem.
(Sat, m, liv. I, V. 37, et Ép. i, liv. I, v. 39.)