Dtt Bos, 'Réflexions sur la poésit
2. M. Pierron, par€xemple, dans son excellente Histoire de la littérature latine f reproche justement à Horace « d'avoir déduit les règles du drame satyrique à l'usage de poètes qui n'avaient peut-être jamais vu dp Satyres sur la scène. > (P. 476.)
qu*à en tracer les règles, on ayoue alors qae ce poème didactique, si imparfait, est une épttre achevée. Le goût 4ont Horace donne des leçons, c'est le goût élevé, large et pur, qui tient de l'&me autant que de l'esprit, et qui suppose non-seulement de TinteUigeace, mais Tamour du lieau et du vrai. G*est le goût étemd et invariable de tous les grands écrivains depuis Homère jusqu'au siède d'Auguste, depuis le siècle d'Auguste jusqu'à nous : car, malgré la perpétuelle mobilité des opinions littéraires, il est des lois générales de composition et de style qui n'ont pas changé depuis V Iliade ; il y a une manière orthodoxe de comprendre et de sentir le beau , qui s'est perpétuée, en dépit de toutes les sectes, dans la communauté des bons esprits, et c'est là le goût véritable. L'idée qu'Horace se forme du poète n*est peut-être pas exactement celle que nous avons aujourd'hui : on ne peut exiger qu'un ^icurien du temps d'Auguste ait deviné Byron et Lamartine, et qu'il ait demandé à la poésie la passion , le rêve, la souffrance, la mélancolie, que nous aimons en elle. Cet idéal du poète, où l'imagination et la sensibilité ont la plus grande part, est l'idéal moderne; dans l'idéal ancien , l'idéal classique, qui est celui d'Horace et du xvir siècle, ^e qui domine, c'est la raison :
Scribendi recte sapere est et principium et fons*,
a dit Horace, plus tolérant que Boileau, comme on voit ; car Boileau, agrandissant à l'excès la part de la raison dans la poésie, a traduit par ces vers exclusifs le précepte plus modéré d'Horace :
Aimez donc la raison ; que toujours vos écrits Empruntent d'elle seule et leur lustre et leur prix.
Horace n'a pas été si loin : son poète ne ferait assurément