‹ Œuvres complètes de H. Rigault (volume 2)Chapitre 36 sur 72 · M. de Broglie, 1. 1, p · texte numérisé non relu

M. de Broglie, 1. 1, p

chemin. Au n*, elle rencontre la science profane, l'esprit de système, de discussion et d'examen, qui s'y insinue pour Taltérer. Elle le combat par la force unique de l'autorité et de la tradition. Le m* siècle la voit enfin se former ellemême en une science raisonnée et suivie, ouvrir des écoles, cultiver les lettres, inspirer non plus seulement l'éloquence naturelle de la conviction, mais déjà un art .savant de bien dire et de bien penser. Cette extension intérieure correspond à sa propagation visible au dehors. Elle s'empare de la totalité des facultés humaines, en même temps qu'elle se répand sur le sol par la même secrète élasticité qui la développe sans la déchirer.... Toute une philosophie se place sous les dogmes primitifs de l'Évangile, comme tout un monde sous la main de l'autorité ecclésiastique. Ce n'est pas que la diversité humaine ne fasse à chaque instant etfort pour y pénétrer; le schisme, l'hérésie, l'idol&trie, frappent incessamment à la porte. Mais le même principe de vie qui alimente sa croissance, maintient aussi l'unité et se montre constamment indivisible autant qu'inépuisable ^ »

Mais peut-être M. de Broglie n'a-t-il pas assigné aux classes moyennes de la société une. assez large place dans ce développement du christianisme. On pourrait croire, en le lisant, que le christianisme s'est élevé comme d*un bond de la base de la société jusqu'au faite, sans traverser les degrés intermédiaires, et qu'il a passé brusquement de la cabane du pauvre sur le trône de Constantin.

« Il était, dit M. de Broglie, dans la nature de la foi chrétienne, comme il a été souvent dans son histoire, de s'emparer plus aisément des deux extrémités que des rangs moyens de la société. » Et il appuie cette assertion sur une observation ingénieuse: < Les pauvres qui sentent toute

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