Homélie I
quente qui, remarquons-le bien, est un acte de foi. Clément arrive au christianisme par les bons sentiments de son âme ; il a le cœur trop noble pour n'être pas du parti de cet inconnu, si patient devant l'injure. Clément l'aime parce que Clément est bon, et que la bonté aime ceux qui souffrent; la sympathie amène la confiance, et la confiance donne la foi. Clément croit à la parole de Barnabas ; du jour où il prend la défense de Barnabas, Clément est con* verti. Ce sont ses vertus qui l'ont fait chrétien.
On vient d'assister à une discussion publique du christianisme contre les philosophes. On va voir maintenant le christianisme aux prises avec le polythéisme. A Césarée, où le rendez-vous avait été pris entre Clément et Barnabas, celui-ci présente son nouvel ami à saint Pierre, qui accueille Clément comme un disciple de plus. Le lendemain, saint Pierre doit soutenir une controverse publique contre Simon le magicien, et en attendant le combat il donne à Clément, comme pour se faire la main, une leçon de philosophie.
La raison humaine, selon saint Pierre, est absolument incapable par elle-même de trouver la vérité. Quand par hasard la raison humaine trouverait la vérité, elle ne la reconnaîtrait pas : il faut que Dieu la lui révèle. En un mot, l'apôtre saint Pierre éteint résolument le flambeau que Tapdtre saint J^n avait allumé dans l'esprit de l'homme et qui illumine quiconque vient en ce monde. Le saint Pierre des Clémentines est le premier des traditionalistes*. Après cette déclaration de principes, il fait à Clément des conGdences plus singulières encore. Simon, le magicien est un adversaire redoutable ;« heureusement, dit saint Pierre, nous avons des amis qui feignent d'être ses disciples pour nous instruire de ses desseins. L'un d'eux vient de m'avertir sur quel terrain Simon doit porter le débat. » Ces con-