Homélie II , chap. xzii
remplacer les dieux par les génies et les mystères discrédités par les évocations et les enchantements. Il avait, disait-on, égorgé un enfant, séparé son âme de son corps, et appris de cette Âme les secrets du monde surnaturel*. Al'aide de cette science, il faisait des prodiges. Il volait dans les airs,.il changeait les pierres en pain, il se transformait en serpent ou en chèvre, il ouvrait les portes fermées, il déplaçait, sans 2 toucher, les meubles des maisons. U s*était proclamé dieu, et commandait comme tel à trente disciples dont il avait promis de faire la fortune, promesse bien mondaine pour un dieu. Tel est le personnage qui va disputer contre saint Pierre. On se rassemble sous un portique. Chacun des deux champions est suivi de ses partisans. Une grande foule les entoure. Au premier rang, on remarque un vieillard qui forme pour ainsi dire Tenjeu de la discussion ; car ne sachant ce qu*il doit croire, il a promis d'embrasser la doctrine du vainqueur : une Ame est le prix du combat. Qu'on ne s'attende pas à un tournoi d'éloquence. Saint Pierre et Simon ne sont pas de grands orateurs ; ce sont deux raisonneurs diffus et subtils jusqu'à la puérilité, mais souvent aussi ingénieux et adroits, saint Pierre surtout, dont la parole est un mélange piquant de bon sens et d'esprit*. N'y a-t-il qu'un Dieu? y en a-t-ii plusieurs ? Il y en a plusieurs, dit Simon le magicien, l'Écriture l'atteste; elle se sert plusieurs fois de celte expression : Les dieux. « Vous serez semblables à des dieux. > Et ailleurs : « Adam est devenu comme un des vôtres. » Ailleurs encore : « Que les Dieux qui n'ont pas fait le ciel et la terre périssent. » Saint Pierre réplique par d'autres citations