‹ Œuvres complètes de H. Rigault (volume 3)Chapitre 127 sur 199 · Englûh humourists , Swift, p · texte numérisé non relu

Englûh humourists , Swift, p

2. There U nothing new in astronomy to vie tcith the aneienttj unlest il he the copemical System; nor in physic^ unless Harvey's circulation of the hlood, (Of ancient and modem learning ^ Temple's Works, vol. III, D. khk.)

des indiœs intéressants du goût de Temple et de son temps, des idées de détail ingénieuses, des réflexions morales où se révèlent la connaissance des hommes et Feipérience de la vie, un tour d*esprit délicat, agréable et, jusqu'à un certain point, français, un style élégant, orné, harmonieux. Temple est un prosateur de premier ordre. Johnson lui attribue l'honneur que Voltaire accorde à Balzac, d'avoir introduit le premier dans la langue de son pays le nombre et la cadence^ Blair vante sa douceur et son aménité', et M. Macaulay, qui ne le gâte pas, admire « ce style simple et coulant, clair et mélodieux, qui s'élève quelquefois jusqu'à la magniflcence de Cicéron'. » Parmi les causes qui ont contribué à la décadence de l'esprit chez les modernes. Temple assigne le premier rang à la pédanterie; il en trace le portrait suivant, où se montre, avec beaucoup d'esprit, le dédain de l'homme du monde, longtemps mêlé aux grandes affaires, pour la science de cabinet. Les érudits de son temps ne le lui pardonnèrent pas. c La pédanterie est une maladie qui s'empare des scholars légers, superûciels et sufûsants, qui ont plus de prétention que de mérite, qui s'estiment plus que de raison, et qui, en vivant toujours en eux-mêmes ou dans leurs cellules, se sont rendus impropres à tout ce qui n'est pas la science, et ridicules dans tous les entretiens dont elle n'est pas le sujet. Ce fléau a commencé par atteindre les enfants et les personnes d'une constitution faible ; puis s'étendànt par degrés, il a bientôt envahi les esprits les plus sains et les plus vigoureux. Le voisinage s'est efl'rayé, et a fui indistinctement tous les savants, ceux qui se portaient bien comme ceux qui étaient malades; et les étrangers, apprenant qu'il régnait une épidémie, ont évité tout commerce même avec les tempéra-

1. Boswell, Life of JohnsoUj vol. III. — 2. Blair, Lectures, xix. — 3. Macaulay, Critical and hislorical Essays, vol. III, p. 191,

ments les plus sains. On a commencé par avoir peur de la science, on a uni par la haïr, et les savants même qui n'étaient pas pédants ont craint d*étre moqués comme les pédants qui n'étaient pas savants : les pigeons ont eu peur de passer pour des geais, parce qu'ils étaient dans leur compagnie. Un Espagnol spirituel a dit que le livre de don Quichotte avait perdu la monarchie espagnole, en rendant ridicules les sentiments chevaleresques.... La pédanterie a ruiné la république des lettres en rendant ridicule le savoir ; et plaise à Dieu qu'elle n'ait pas des effets pires encore!... »

Telle est la manière spirituelle et dégagée que Temple porte dans les sujets littéraires. Gomment un écrivain d'un esprit si fin, et d*un goût le plus souvent si délicat, a-t-il pu laisser échapper des jugements qui donnent aujourd'hui de l'intérêt à son livre comme des symptômes curieux du goût de l'époque, mais qui prouvent qu'il ne connaissait et^ ne jugeait guère mieux les littératures modernes, môme celle de son pays, que celle de l'antiquité? Pour prouver combien les modernes sont inférieurs aux anciens," il dresse le recensement des grands écrivains modernes chez les quatre peuples les plus lettrés, et voici les hommes de génie qu'il inscrit sur sa liste : en Italie , Boccace, Machiavel, Fra-Paolo Sarpi; en Angleterre, Phihppe Sidney, Bacon, Selden; en Espagne, Cervantes et Guevara; en Franc3, Rabelais, Voiture, La Rochefoucauld, Bussy-Rabutin*. Voilà tout son Panthéon : il n'y admet ni Shakspeare, ni Milton, ni Dryden, ni Descartes, ni Pascal, ni Corneille, ni Racine, ni Boileau, ni La Fontaine, ni Dante, ni le Tasse, ni Lope de Vega, ni Galderon 1 Combien de pareils jugements, émanés d'un écrivain supérieur, ne donnent-ils pas à réfléchir sur la vanité des jugements contemporains et sur la sagesse

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