‹ Œuvres complètes de H. Rigault (volume 3)Chapitre 128 sur 199 · Temple'i Works , vol. III. p · texte numérisé non relu

Temple'i Works , vol. III. p

des anciens, qui voulaient qu'un siècle au moins eût passé sur la mémoire des grands hommes avant que la postérité décidât de leur gloire !

Temple termine son livre en rappelant le mot d'Alphonse le Sage, roi d'Aragon : Parmi les choses que possèdent ou souhaitent les hommes, il y en a quatre désirables avant tout le reste : du vieux bois pour brûler, du vieux vin pour boire, de vieux amis pour causer, de vieux livres pour lire. C'était Yhoc erat in votis de sa vieillesse paisible et riante. Il jouit jusqu'à la un de sa vie de tous ses biens, et il goûta le plaisir de voir son dernier ouvrage applaudi en France comme en Angleterre. « Le succès, dit spirituellement M. Macaulay, en était infaillible : comme les champions des modernes étaient aussi ignorants que Temple lui-même, les anciens pouvaient seuls relever ses erreurs, et ils n'étaient pas assez sots pour tirer sur leur allié. » Son triomplie ne fut troublé que par l'apparition des Réflexions de Wotton sur le savoir des anciens et des modernes. Mais il avait été lu et approuvé, il nous l'apprend lui-même, par Boileau et par Racine. Il ajoute même gratuitement (c'est une illusion de vieillard) qu'il avait contraint Perrault à une rétractation*. Ses succès réels comme ses succès imaginaires l'aguerrirent coutre les attaques de Wotton. Aussi répondit-il aux Bèflexiom de son adversaire d'un ton allègre et léger, dans des Pensées sur les anciens et ks modernes^ qui ne parurent qu'après sa mort. Il appliquait aux ennemis des anciens en Angleterre les épigrammes de Boileau contre Perrault, et raillait l'orgueil du génie moderne dans une des plus agréables pages qu'il ait laissées après lui : < Les merveilles produites pour le plaisir ou l'utilité du genre humain par les creuses rêveries des hommes qu'on a regardés comme les pionniers de la science pendant les cin-

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