‹ Œuvres complètes de H. Rigault (volume 3)Chapitre 129 sur 199 · Tempîe's Works ^ vol. III, p · texte numérisé non relu

Tempîe's Works ^ vol. III, p

quante dernières années, je les cherche en vain, je l'avoue, et je m'estimerais heureux de les découvrir. J*ai entendu parler de prétentions et de visions extraordinaires chez des esprits convaincus du progrès qu*ont fait les sciences dans notre siècle, ou qu'elles feront infailliblement dans le siècle prochain. On découvrira, m'assure-t-on, la panacée universelle qui doit guérir tous ceux qui la possèdent, la pierre philosophale qui sera trouvée par quelques sages dédaigneux de la richesse ; la transfusion d'un jeune sang dans les veines des vieillards, qui deviendront plus folâtres que l'agneau qu'on aura saigné pour les rajeunir; une langue universelle, qui pourra servir à toutes les personnes qui ont oublié la leur ; la communication immédiate de la pensée, sans l'importune traduction du langage; l'art de voler, jusqu'à ce qu'on tombe et qu'on se casse la jambe ; la découverte des nouveaux mondes dans les planètes; les voyages dans la lune, qui deviendront aussi communs que celui de York à Londres , etc. Les pauvres gens comme moi trouvent toutes ces folies aussi extravagantes, mais deux fois moins spirituelles et moins instructives que celles de l'Arioste. Espérons que ces sages modernes finiront par retrouver leur bon sens conservé dans quelque fiole céleste avec celui de Roland'. »

Longtemps après, quand l'ancien secrétaire de Temple, Jonathan Swift, prit la défense de son protecteur contre Wotton et Bentley, il s'inspira de cette jolie page dans sa description des recherches expérimentales de l'académie de Laputa. Mais Temple n'était plus. Il avait assez vécu pour lire la réponse de la société de Christ-Chy/rch à Richard Bentley; et, par un dernier bonheur, cet homme heureux sut mourir assez tôt pour ne pas connaître la réplique foudroyante du docteur de Cambridge. Il s'en-

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