‹ Œuvres complètes de H. Rigault (volume 3)Chapitre 159 sur 199 · Lettre suf les occupations de l'Académie, p · texte numérisé non relu

Lettre suf les occupations de l'Académie, p

met-il à cet éloge I Qu*il accuse Molière de donner un tour gracieux au vice, j*y consens : on ne peut demander à Tarchevéque de Cambrai d'être plus indulgent que ne le sera plus tard le philosophe Rousseau. Mais refuser à Molière la vérité dans la peinture d^ caractères et le naturel dans le style! Rapprocher, dans une comparaison malveillante, « l'élégance de Térence > et < le galimatias de Molière M > voilà une hardiesse de partialité qui démontre rattachement de Fénelon pour les anciens et le vrai sens de la Lettre à F Académie, On la regarde généralement comme une exposition des vues dogmatiques de Fénelon en littérature. La disposition didactique des matières a pu faire illusion sur le vrai caractère de Touvrage. C'est surtout, selon moi, une œuvre de polémique mesurée, polie, indirecte, comme Fénelon la pouvait faire contre un parti puissant dans TAcadémie française. A ne consulter que les titras des chapitres, on croit avoir sous les yeux des esquisses de traités sur la poésie, sur l'art dramatique, sur l'histoire, etc. Peu à peu, on voit se dérouler avec une habileté infinie un parallèle perpétuel entre les anciens et les modernes. Les jugements sur les écrivains s'y succèdent sans cesse, comme autant de répliques aux sentences de Perrault et de ses successeurs. Les théories même de Fénelon sont des arguments en faveur des anciens*. On arrive ainsi, de comparaison en comparaison, à la conclusion générale, et l'on s'attend que Fénelon, qui, jusqu'à présent, a donné l'avantage aux anciens sur tous les points, sera plus explicite encore, plus décidé. Mais ici se découvrent la circonspection et l'innocent manège de cet esprit insinuant, qui veut faire

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