Plutarque, Vie de Lycurgue ^ chap. xxvi et xux
2. Conjectures académiques, p. 82 et suiv. , jusqu'à la page 120.
nationales mises en vers par d'anciens poètes (ce sont les aèdes), propagées par les rhapsodes, et réunies tardivement en poëme par un Lycurgue ou par un Pisistrate. D'Aubignac n'a qu'un tort: c'est de supprimer Homère. Son paradoxe, d'ailleurs, n'est qu'une esquisse; il manque des développements et des preuves que lui apportera plus tard la critique moderne ; il manque surtout de ce qu'on trouve trop rarement dans les écrivains qui ont contesté la réalité d'un Homère, je veux parler des preuves intrinsèques tirées du fond même de YHiade et de YOdyssée. M. Havet, dans sa thèse excellente sur l'origine et l'unité des poèmes d'Homère, a remarqué avec finesse que les sceptiques évitent le plus souvent de mettre Homère en présence de ses œuvres : ils le jugent, dit-il, sur des dépositions de témoins et sur xme procédure; ils se gardent bien de confronter le peintre avec le tableau*. L'abbé d'Aubignac ne mérite pas tout à fait ce reproche; il a essayé, par une analyse de YlHade, d'ajouter à ses arguments une nouvelle preuve qu'Homère n'existe pas. Mais cette seconde partie de son livre, où il veut démontrer qu'il n'y a dans Ylliade ni plan ni sujet, ne soutient pas l'examen'. Évidemment il n'a pas assez de science pour bien défendre son paradoxe : il est plus original qu'érudit. Mais on ne reconnaît pas moins dans son hypothèse le germe de celle de Wolf ; ses Conjectures sont l'ébauche des Prolégomènes allemands, et cette fois encore c'est une idée française, dédaignée par la ' France, que l'Allemagne nous a renvoyée avec sa signature, et que nous avons admirée courtoisement, dès qu'elle est