XVIII NOTICE
de rhétorique^ il était fait pour arriver au professorat des Facultés. Tout le monde l'y appelait, il se fil d'abord recevoir docteur à la Faculté des lettres de Paris. J'ai rarement vu un doctorat plus brillant, quoique j'en aie beaucoup vu. Je me souviens, pour ne parler que des docteurs que la mort nous a enlevés, du doctorat de M. Al. Thomas, professeur d'histoire. C'est le seul que je puisse comparer à celui de M. Rigault. Le public était nombreux et plein de sympathie ; la Faculté des lettres était heureuse de voir entrer dans les rangs de ses docteurs un homme de ce talent et de ce caractère. « J'ai passé hier mon doctorat, écrit M. Rigault à son ami M. Riquier (décembre 1856); la Faculté et le pubhc étaient au grand complet, pleins de bienveillance; et les marques de leur faveur ont été si vives et si répétées que je regarde ce jour-là comme un des beaux jours de ma vie. On m'a tenu sur la sellette depuis dix heures un quart du matin jusqu'à cinq heures et demie du soir. J'ai dû parler environ quatre heures. J'étais en sortant bien fatigué, mais bien heureux. » Vhistoire de la querelle des anciens et des modernes^ qui était le sujet de la thèse française, restera comme un des meilleurs titres de la réputation de notre jeune ami.
Peu de jours après son doctorat, M. Rigault monta, au Collège de France, dans la chaire d'éloquence latine. Il suppléait M. Havet, un de nos professeurs les .plus savants, que sa santé forçait à prendre un repos d'une année, (c J'ai fait ma première leçon, jeudi