‹ Œuvres complètes de H. Rigault (volume 3)Chapitre 17 sur 199 · BIOGRAPHIQUE ET LITTÉRAIRE. XVII · texte numérisé non relu

BIOGRAPHIQUE ET LITTÉRAIRE. XVII

rhoinme et des choses aussi dont on abuse le plus. J'ai vu des personnes qui reprochaient parfois à M. Rigault de trop pencher du côté de la philosophie ; je leur répondais d'une part que, voyant l'état des esprits, je lui savais gré de n'y point pencher davan* tage ; et d'autre part, que connaissant la sincérité de ses opinions, je ne m'inquiétais pas si ses sentiments religieux étaient complets, sachant que ceux qu'il avait étaient vrais et fermes. Il y a dans le spiritua» lisme beaucoup de principes que le christianisme consacre et fortifie par ses dogmes. De nos jours, j'aime mieux, pour la défense de ces principes, la vérité et la sincérité des cœurs qui ont parfois douté, que l'orthodoxie indifférente ou préméditée des habitudes.

C'est cet accent de vérilé et de sincérité qui faisait la grâce et la force des écrits de M. Rigault. Quelle honnêteté avec tant d'esprit! Quel observateur pénétrant et jamais misanthrope! Il croyait même aux progrès de la civilisation , quoiqu'il aimât à se moquer de quelques-uns de ces prétendus progrès; et il avait raison. Il serait désespérant de ne pas croire que l'humanité fait quelques progrès dans ce monde; ce serait duperie de croire qu'elle fait tous ceux dont elle se vante.

Je n'ai parlé jusqu'ici que de l'écrivain et du journaliste ; je dois parler aussi du professeur, car c'était là un des talents et un des avenirs de ce jeune homme, à qui la mort en a tant enlevé. Excellent professeur

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